Brice Hortefeux nie avoir reçu d’argent lors de sa rencontre avec Abdallah Senoussi à Tripoli
L’ancien ministre Brice Hortefeux a affirmé mercredi n’avoir jamais reçu d’argent à Tripoli en 2005, lors de sa rencontre avec Abdallah Senoussi, condamné à la perpétuité par la justice française pour son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA, qui a causé la mort de 170 personnes, dont 54 Français, rapporte TopTribune.
À la barre, Brice Hortefeux, lors de son interrogatoire, a d’abord retrouvé une voix plus audible. Le président de la cour d’appel, Olivier Géron, a concentré son attention sur la rencontre de l’ancien ministre avec Senoussi, ex-chef du renseignement militaire libyen. En première instance, le tribunal avait estimé que Hortefeux était allé « obtenir des fonds » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, le déclarant coupable d’association de malfaiteurs. Il a été condamné à deux ans de prison avec sursis, ainsi qu’à une amende de 50 000 euros, mais a fait appel de cette décision.
Pendant l’audience, Hortefeux a réaffirmé qu’il n’était pas « demandeur » de cette visite à Tripoli et a précisé qu’il avait reçu une « invitation officielle » du ministère de l’Intérieur libyen. « Les Libyens étaient demandeurs de revenir dans le cercle des nations fréquentables », a-t-il soutenu, justifiant un rapprochement diplomatique avec le régime libyen. Ce dernier avait une image ternie sur la scène internationale.
Le président de la cour d’appel a questionné la nécessité de cette visite, survenue peu de temps après celle de h autres ministres français. Hortefeux a insisté sur le caractère non urgent de son déplacement, arguant qu’il devait le planifier en fonction de ses disponibilités. Il a cependant été confronté à une lettre de novembre 2005, dans laquelle il demandait que la rencontre ait lieu avant la fin de l’année, ce qui soulève des interrogations sur ses intentions.
Hortefeux a maintenu qu’il ne connaissait pas Senoussi et qu’il n’était pas informé de son passé judiciaire. Il a exprimé sa conviction que peu de Français avaient entendu parler de Senoussi à l’époque de leur rencontre. Il a également déclaré avoir été piégé par Ziad Takieddine, accusateur principal dans cette affaire. « Si j’avais rencontré Abdallah Senoussi de manière délibérée, je le dirais », a-t-il affirmé, défiant les attentes de l’audience.
Lorsque la question de l’amnistie de Senoussi en rapport avec le financement de la campagne de Sarkozy a été soulevée, Hortefeux a précisé que leur conversation avait surtout porté sur des sujets tels que la santé de Jacques Chirac et des questions migratoires. Il a dénié avoir sollicité ou reçu quoi que ce soit de la part de Senoussi, concluant son interrogatoire avec détermination. L’audience reprendra lundi pour de nouvelles questions du parquet général.