L'hypothèse d'un champignon hallucinogène à l'origine des procès de sorcellerie à Salem

L’hypothèse d’un champignon hallucinogène à l’origine des procès de sorcellerie à Salem

23.03.2026 08:46
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Les sorcières de Salem: l’ergot ou la manipulation sociale?

Une théorie formulée dans les années 1970 suggère que l’ergot du seigle, un champignon toxique, aurait pu provoquer des hallucinations et des convulsions chez les jeunes filles de Salem au XVIIᵉ siècle, remettant en question les explications traditionnelles des événements. L’hypothèse mise en avant par la chercheuse Linnda Caporael fait l’objet de débats parmi les historiens, certains l’accusant de simplisme, rapporte TopTribune.

Les événements de Salem ont débuté par des crises spectaculaires, des cris et des visions d’esprits maléfiques, interprétés par les Puritains comme l’œuvre du Malin. Cependant, des chercheurs pointent vers l’ergot qui, proliférant sur le seigle, aurait engendré des symptômes similaires à ceux trouvés chez les victimes des crises d’Abigail Williams et de Betty Parris. Le champignon Claviceps purpurea libère des alcaloïdes qui provoquent des douleurs internes, des convulsions et des hallucinations.

Linnda Caporael a publié ses idées en 1976, soulignant les similitudes entre les récits de possession à Salem et les symptômes décrits pour l’ergotisme convulsif. Selon elle, les colons auraient utilisé du pain contaminé, ignorant sa toxicité. Les premiers symptômes incluent une sensation de brûlure généralisée, souvent observée chez les plus jeunes, comme l’explique le mycologue Rabern Simmons.

Malgré cette théorie séduisante, des doutes subsistent. La question se pose: pourquoi seules certaines personnes au sein d’une même famille ont-elles été touchées? De plus, les crises semblent se déclencher en fonction des audiences du tribunal, ce qui remet en question la seule responsabilité d’un empoisonnement.

Une communauté au bord de la panique

À l’époque, Salem faisait face à une tension extrême due à divers conflits, des rivalités familiales et une ferveur religieuse oppressive. Les accusations de sorcellerie ne frappaient pas au hasard, ciblant souvent des femmes marginalisées ou des personnes avec qui il y avait des conflits. Des témoignages contemporains laissent entendre qu’il existait une forme de manipulation consciente dans certaines situations.

Finalement, le gouverneur William Phips a mis un terme aux procès lorsque des rumeurs ont commencé à atteindre sa propre famille. En mai 1693, les prisons se sont vidées, mais le bilan était lourd: 19 personnes pendues et d’autres mortes dans des conditions inhumaines, injustement punies par la société de l’époque.

La question persiste: les crises étaient-elles le résultat de l’ergot du seigle ou d’une dynamique sociale toxique? Il est probable que les deux soient entrelacés, l’ergot alimentant des symptômes physiques et la peur collective exacerbant les croyances en la sorcellerie.

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