Le débat télévisé sur BFMTV et Le Figaro TV, qui s’est tenu mercredi en vue du second tour des élections municipales 2026 à Paris, a été marqué par des échanges tendus entre les principales candidates, Rachida Dati, Sophia Chikirou et Emmanuel Grégoire. Les discussions ont mis en lumière des divergences non seulement sur des thèmes locaux, mais aussi sur des schémas politiques plus larges, rapporte TopTribune.
Ce débat a révélé les tensions croissantes entre le Parti socialiste et La France insoumise, ainsi que des critiques concernant les collaborations entre certains membres de la droite et l’extrême droite.
Grégoire fustige la « rupture morale » de la droite
Emmanuel Grégoire, arrivé en tête lors du premier tour, a délimité clairement ses adversaires, affirmant n’avoir « qu’une seule adversaire, Rachida Dati ». Il a considéré Sophia Chikirou comme sa « concurrente ». « Imaginez-vous un seul instant […] Jacques Chirac, élu maire de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen ? » a-t-il déclaré, qualifiant la situation actuelle de « rupture morale historique » avec une droite qui avait auparavant une position claire contre l’extrême droite. Grégoire a insisté sur le fait que Dati ne pourrait être élue sans le soutien de l’extrême droite, citant des figures comme Jordan Bardella comme preuves de cette alliance.
Rachida Dati, candidate de la droite et du centre, a exhorté les électeurs à « se mobiliser pour l’alternance à Paris dimanche ». Elle a soutenu que Paris avait besoin d’un nouveau départ après un quart de siècle de gouvernance de gauche.
Chikirou renvoie dos à dos Grégoire et Dati
Sophia Chikirou, troisième lors du premier tour, s’est présentée comme « la seule véritable opposante » à Dati. Bien qu’elle ait exprimé des « points communs » avec Grégoire, elle a souligné que la « dureté » de sa campagne rendait une alliance impossible. Chikirou a attaqué Dati, affirmant que la droite avait causé trop de souffrances et reprochant à Grégoire de vouloir maintenir une politique identique à celle de son prédécesseur.
Des promesses sur le périscolaire
Le débat a également abordé la question des violences sexuelles au sein du périscolaire, avec Grégoire promettant de « tout remettre à plat ». Chikirou a quant à elle annoncé un financement supplémentaire de 19 millions d’euros par an pour les activités périscolaires. Les candidats ont discuté d’un éventail de sujets allant du logement à l’écologie, se coupant régulièrement la parole.
Dati a promis de réduire la taxe foncière à Paris, mais n’a pas donné de détails quant aux enjeux de cette mesure. Sur le sujet des campements de réfugiés, Chikirou a appelé à un « choc de solidarité » pour les sans-abri. En réponse à des questions sur ses problèmes judiciaires, Dati a dénoncé les « attaques outrancières » de Grégoire, tandis que Chikirou a ironisé sur ses propres poursuites, affirmant que les accusations étaient infondées.
Les deux candidates ont fréquemment interpellé Grégoire sur l’héritage de l’actuelle maire, Anne Hidalgo. Chikirou lui a reproché de ne pas assumer le bilan de la gauche, alors que Grégoire a exprimé sa fierté d’être « héritier de la gauche ». La dynamique pré-électorale à Paris reste donc très animée, avec des enjeux politiques cruciaux pour la prochaine mandature municipale.