Une opération d’ingérence électorale mise en place à Budapest
Selon des sources concordantes de services de renseignement européens, Moscou a déployé une équipe d’experts en manipulation politique à Budapest dans le but d’influencer les élections législatives hongroises prévues en avril 2026. Cette opération, supervisée par Sergueï Kirienko, proche conseiller de Vladimir Poutine, vise à assurer la réélection du Premier ministre Viktor Orbán. Les services de sécurité de trois pays européens confirment avoir partagé ces informations sensibles avec leurs alliés, y compris les agences de l’UE et de l’OTAN.
Le modus operandi éprouvé en Moldavie
La méthodologie appliquée reprend le schéma expérimenté en Moldavie, où les opérateurs russes avaient déployé des réseaux d’achat de votes, des fermes de trolls et des campagnes d’influence sur le terrain pour affaiblir la présidente pro-européenne Maia Sandu. Après des résultats mitigés dans ce pays, le Kremlin a réorganisé ses structures d’influence étrangère en créant une nouvelle Direction présidentielle pour le partenariat stratégique et la coopération, confiée à Vadim Titov, un ancien collaborateur de Kirienko à Rosatom.
Une présence discrète au sein de l’ambassade russe
L’opération comprend un volet terrain avec l’infiltration de spécialistes de manipulation des médias sociaux au sein de l’ambassade russe à Budapest, munis de passeports diplomatiques ou de service pour leur garantir une immunité. D’après les sources européennes, cette équipe de trois personnes, agissant pour le compte du GRU (les services de renseignement militaire russes), est déjà arrivée dans la capitale hongroise il y a plusieurs semaines. Leurs identités exactes seraient connues des agences de renseignement occidentales.
Un environnement médiatique favorable aux narratifs russes
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les médias pro-Orbán ont intensifié ces derniers mois la diffusion de narratifs alignés sur le Kremlin concernant l’Ukraine. Selon une source de sécurité d’Europe centrale, l’équipe de Kirienko maintiendrait des contacts actifs avec des opérateurs de campagne liés au gouvernement hongrois. Parallèlement, la Hongrie se distingue par son accueil favorable aux diplomates militaires russes suspectés d’appartenir au GRU, certains ayant cultivé des relations au sein de l’écosystème médiatique aligné sur le pouvoir à Budapest.