Dans une tournure inattendue de la campagne des élections municipales à Paris, la candidate de La France Insoumise (LFI), Sophia Chikirou, a tendu la main à Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint, pour envisager une « alliance » afin de « gagner la ville ». Cette déclaration a été faite ce lundi 2 mars lors d’une interview sur le réseau Ici Paris, suscitant l’étonnement dans un contexte où Chikirou a constamment ciblé Grégoire lors de ses interventions publiques, rapporte TopTribune.
Cependant, cette offre est assortie de deux conditions apparemment difficiles à réaliser. Chikirou conditionne cette « alliance » à l’arrivée en tête de sa liste LFI-Écologie populaire, qui ne recueille actuellement que 10 à 12,5 % des intentions de vote, loin derrière les plus de 30 % enregistrés pour le candidat de la coalition PS-Ecologistes-PC.
Une main tendue entre quelques baffes
Chikirou exige également l’adoption de son programme « de rupture » par rapport aux deux mandats d’Anne Hidalgo, dont Grégoire est le successeur naturel. Elle souligne la fracture qui persiste entre la majorité municipale, déjà incarnée par l’équipe de la Gauche Unie, et les Insoumis, malgré des points de convergence idéologique sur des sujets tels que le logement, l’écologie et l’éducation.
Elle a affirmé à plusieurs reprises que « la situation se dégrade depuis vingt-cinq ans à Paris », en référence à l’ascension du Parti Socialiste dans la ville, tout en martelant qu’« il ne faut pas qu’un socialiste soit maire de Paris ».
Fin janvier, Sophia Chikirou a publiquement attaqué Grégoire et Hidalgo par le biais d’un visuel sur les réseaux sociaux, où leurs visages apparaissent en surimpression sur un fond noir, accompagnés d’un message accusant le bilan municipal de fois tragiques, notamment « 1 enfant mort noyé, 52 signalements pour violences sexuelles ». Cette déclaration a été perçue comme une attaque virulente à l’encontre des problématiques de violences récemment mises en lumière dans le milieu périscolaire à Paris.
De son côté, Emmanuel Grégoire a maintenu une position ferme, affirmant qu’il n’ira pas vers une alliance avec les Insoumis : « Comment voudrais-je m’associer avec quelqu’un qui n’a d’autre objectif que de me faire battre ? »