Le Rassemblement national intensifie ses attaques contre La France insoumise après la mort de Quentin Deranque
Le Rassemblement national a intensifié ses attaques contre La France insoumise et les groupes d’ultragauche à la suite du décès du militant identitaire Quentin Deranque, survenu à Lyon. Lors d’une conférence de presse au siège parisien du parti, le président Jordan Bardella a appelé à créer un « cordon sanitaire » pour isoler La France insoumise des institutions, y compris l’Assemblée nationale et les élections municipales, rapporte TopTribune.
En adoptant cette terminologie, qui visait historiquement à exclure les partis d’extrême droite, Bardella vise à diaboliser LFI et à affaiblir ses élections futures tout en cherchant à normaliser le Rassemblement national, fondé par Jean-Marie Le Pen. Cependant, cette offensive soulève des questions sur les relations historiques ou récentes du RN avec des groupes radicaux.
Lors de la conférence, Bardella a affirmé : « Je mets sur le même plan l’ultragauche et l’ultradroite », appelant à la dissolution de tous les groupes prônant la violence politique, une position déjà exprimée par le RN en 2022 lorsque Marine Le Pen avait demandé la dissolution de « groupuscules extrémistes ».
Cette stratégie vise à redorer l’image d’un parti aux racines d’extrême droite tout en coupant les liens avec des groupes violents tels que le GUD. « Marine Le Pen a complètement écarté tous ceux qui pouvaient frayer avec les extrêmes », a soutenu le député Franck Allisio.
Les journalistes présents ont interrogé Bardella sur les violences d’extrême droite. Il a déclaré : « Je n’aurai aucune complaisance pour la violence, d’où qu’elle vienne », mais s’est irrité lorsque le débat a dérivé vers les actions de l’ultradroite. « Je m’étonne un peu que le débat se déplace […] c’est l’extrême gauche qui a tué dans les rues de Lyon », a-t-il précisé.
Bardella a également insisté sur le fait que ni le Rassemblement national ni son prédécesseur n’ont appelé à la violence politique, malgré les condamnations passées de Jean-Marie Le Pen pour violences. Il a défendu « la Cocarde », un syndicat étudiant d’extrême droite, en disant qu’il n’appelait pas à la violence. Cependant, il n’a pas nommé de groupes d’extrême droite à dissoudre.
La position du RN suscite des inquiétudes chez certains élus de gauche. « Il ne faudrait pas que l’extrême droite s’en sorte avec les honneurs. L’extrême droite a aussi beaucoup de choses à se reprocher », a déclaré la sénatrice Laurence Rossignol. Elle a évoqué des connexions entre le collectif Némésis et « des groupes violents ».
Le RN s’efforce de se distancier des mouvements radicalisés tout en faisant face à des controverses internes. Des révélations ont exposé des membres du RN ayant entretenu des liens avec des mouvements néofascistes. Un député a même été contraint de se séparer d’un collaborateur pour des publications incitant à la violence contre l’extrême gauche.
Les hommages à Quentin Deranque ont également pris une tournure délicate pour le RN, impliquant des groupes identitaires. Bardella a exhorté les élus à ne pas participer aux futurs rassemblements à moins qu’ils ne soient strictement encadrés, pour éviter toute association avec des groupes ultradroite. « C’est toute la difficulté : rendre hommage à un jeune homme mort ne pose pas de problème, mais la présence de personnes tenant des propos inacceptables complique la situation », a déclaré un député.