ArcelorMittal annonce la construction d'un grand four électrique à Dunkerque en présence d'Emmanuel Macron

ArcelorMittal annonce la construction d’un grand four électrique à Dunkerque en présence d’Emmanuel Macron

10.02.2026 15:18
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ArcelorMittal annonce un investissement majeur pour la décarbonation de son site à Dunkerque

Un pas vers la décarbonation. La direction d’ArcelorMittal a confirmé mardi 10 février, en présence d’Emmanuel Macron, la construction sur son site de Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe, après des mois d’hésitations sur cet investissement majeur, nécessaire pour assurer l’avenir de cette filière stratégique en difficulté. Ce four est destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site, afin de produire de l’acier sans charbon, dont la combustion est très émettrice de CO2 et contribue au réchauffement de la planète, rapporte TopTribune.

D’une capacité de deux millions de tonnes d’acier par an, il représente un investissement de 1,3 milliard d’euros et doit démarrer courant 2029. L’investissement sera financé à hauteur de 50 % via le mécanisme de certificats d’économie d’énergie (CEE), un dispositif encadré par l’État qui oblige les fournisseurs d’énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d’énergie. Avec « cet investissement stratégique, ArcelorMittal confirme (…) son engagement en France et en Europe », a souligné devant des salariés Reiner Blaschek, PDG d’ArcelorMittal Europe.

Le géant de l’acier avait annoncé en janvier 2024 un projet de décarbonation du site de Dunkerque, avec deux fours électriques et une unité directe de réduction du fer, nécessaire pour alimenter ce type de fours. Cet investissement était chiffré jusqu’à 1,8 milliard d’euros, dont près de la moitié financée par des aides publiques. Mais face à la concurrence accrue de l’acier chinois et aux prix de l’énergie, ce projet ne s’est pas concrétisé jusqu’à présent, alimentant la crainte que le géant sidérurgique ne renonce à la décarbonation et se désengage d’Europe.

La CFDT ArcelorMittal, qui a annoncé dans un communiqué « boycotter » la venue du président de la République, avait dénoncé lundi une « mascarade », déplorant des investissements qui « ont deux ans de retard », et « largement inférieurs à ceux prévus initialement ». « Ça fait quatre ans qu’on nous promet des choses, quatre ans qu’on voit l’usine sombrer », a renchéri Gaëtan Lecocq de la CGT, redoutant aussi que « rien ne se concrétise ». La CGT craint que cet investissement soit « insuffisant » pour maintenir la compétitivité d’ArcelorMittal Dunkerque et ses 3 200 salariés.

Pour l’Élysée au contraire, ces investissements sont « le résultat des efforts de la France pour soutenir la sidérurgie française et européenne », et lui assurer un « avenir à long terme ». ArcelorMittal a salué dans un communiqué « les progrès accomplis par la Commission européenne », citant les restrictions sur les importations d’acier en Europe, dont le groupe espère qu’elles seront mises en œuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.

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