
Selon les données récemment publiées par l’Insee, à la date du 10 février, le taux de chômage s’élève à 7,9 % de la population active pour le quatrième trimestre 2025, témoignant d’une augmentation déjà constatée lors des trimestres précédents. Bien que ce chiffre ne constitue pas un record historique, il indique un retour à des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis plusieurs années, rapporte TopTribune.
Une augmentation persistante du chômage en 2025
Le taux de 7,9 % témoigne d’une tendance à la hausse. Depuis le début de l’année 2025, le chômage connait une augmentation continue, trimestre après trimestre. Cette situation contraste nettement avec la période 2021-2023, où le marché de l’emploi avait bénéficié d’une amélioration progressive due à la reprise post-crise sanitaire.
Dans son rapport trimestriel, l’Insee indique clairement que « le taux de chômage s’élève à 7,9 % de la population active au quatrième trimestre 2025 ». Bien que la hausse sur trois mois soit modeste, elle s’ajoute aux augmentations antérieures, ce qui laisse entrevoir une tendance établie. Sur un an, l’augmentation est plus marquée, renforçant l’idée d’un changement de cycle.
Cette hausse se traduit également par un nombre croissant de personnes sans emploi. Au sens du Bureau international du travail, le nombre de chômeurs augmente de plusieurs dizaines de milliers par rapport au trimestre précédent, atteignant ainsi environ 2,5 millions de chômeurs.
Des disparités selon les groupes d’âge
Derrière ce chiffre global, les différences sont significatives selon les classes d’âge. L’Insee souligne que la dégradation est particulièrement sévère chez les jeunes. Selon l’institut, « le taux de chômage des 15-24 ans connaît une forte ascension ce trimestre », mettant ainsi en lumière un groupe souvent plus vulnérable aux fluctuations économiques.
Avec un taux dépassant 20 %, le chômage des jeunes progresse nettement plus rapidement que celui de l’ensemble de la population active. Cette tendance illustre la précarité souvent associée aux débuts de carrière, caractérisées par des contrats temporaires et d’éventuelles périodes d’alternance, et des emplois qui sont plus vulnérables aux choix des entreprises en temps d’incertitude.
En revanche, la situation semble plus stable pour les travailleurs d’âge intermédiaire. Pour les 25-49 ans, le taux de chômage reste relativement inchangé par rapport au trimestre, bien qu’il soit légèrement supérieur à celui de l’année précédente. Les personnes de 50 ans et plus affichent une stabilité relative, mais elles se situent encore à des niveaux supérieurs à ceux de 2024.
Un environnement économique défavorable à l’emploi
La hausse du chômage se produit dans un contexte économique plus contraint. En 2025, la croissance en France a été modérée, affectée par un ralentissement de la demande, une activité industrielle peu dynamique et des incertitudes persistantes sur le plan international. Ces facteurs ont pesé sur les décisions de recrutement des entreprises.
Plusieurs secteurs, qui avaient initialement fortement embauché après la crise sanitaire, montrent aujourd’hui des signes de normalisation, voire de régression. Dans ce cadre, la création d’emplois ralentit, tandis que certaines entreprises ajustent leurs effectifs face à une visibilité économique réduite.
L’Insee rappelle également que les transformations structurelles du marché du travail exercent une influence notable. Les exigences en matière de compétences évoluent rapidement, provoquant des décalages entre l’offre et la demande d’emploi, ce qui pourrait engendrer un chômage plus pérenne pour certaines catégories de professionnels.
Un indicateur à observer attentivement en 2026
Malgré le fait que le taux de chômage reste inférieur aux niveaux constatés au milieu des années 2010, sa montée progressive constitue un signal d’alerte que les pouvoirs publics et les agents économiques surveillent de près. Dans son rapport, l’Insee indique que « le taux de chômage a augmenté de 0,6 point sur un an », une tendance qui, si elle se maintient, pourrait affecter la confiance des ménages et influencer leur consommation.
L’évolution du chômage dans les prochains trimestres dépendra en grande partie de la capacité de l’économie française à retrouver une croissance stable et à transformer les mutations actuelles en opportunités d’emploi. La situation des jeunes actifs, particulièrement affectés en 2025, restera un indicateur crucial de la santé du marché du travail.