Le parquet a annoncé dimanche la clôture de l’enquête sur des échanges présumés entre un dealer et le député LFI, Sébastien Delogu, sans poursuite, faisant écho à l’impact du narcotrafic sur les candidats en pleine campagne municipale à Marseille, rapporte TopTribune.
En début d’après-midi, Sébastien Delogu, en lice pour La France insoumise, s’est présenté avec son avocat, Yonès Taguelmint, à la brigade de gendarmerie d’Aix-en-Provence, selon un journaliste de l’AFP.
Enquête close
« Il n’y a aucun lien, de quelque manière que ce soit, entre Sébastien Delogu et le trafic de stupéfiants », a affirmé son avocat, maître Taguelmint, après l’audition, qui a été demandée par eux. Cette audition survient à quelques semaines des élections des 15 et 22 mars, suite à des informations rapportées par le Canard enchaîné concernant une enquête à Aix-en-Provence et le démantèlement d’un point de deal.
Selon l’hebdomadaire, deux individus ont été arrêtés, dont l’un aurait échangé avec le député Insoumis au sujet de « la livraison de colis ». Taguelmint a précisé qu’il avait fourni des « justificatifs », « factures d’achats » et « bons de livraison » pour prouver que Sébastien Delogu avait été en contact avec un livreur pour réceptionner « des meubles ».
Cependant, « il s’avère que la personne qui travaillait pour la société de livraison a été condamnée pour trafic de stupéfiants dans une affaire dont nous ne sommes évidemment pas impliqués », a-t-il ajouté. « Les vérifications nécessaires ont été effectuées, et désormais l’enquête est close », a déclaré le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, confirmant que Sébastien Delogu avait « justifié dûment des livraisons de colis ».
Le magistrat a effectivement indiqué qu’un des dealers concernés était livreur de colis de profession, en plus de sa « activité parallèle pour laquelle il a été condamné ».
Dans la deuxième ville de France, la campagne municipale est marquée par des polémiques et des échanges tendus entre les candidats. Taguelmint a dénoncé « une musique calomnieuse en cours », ajoutant qu’il était nécessaire « d’éteindre l’incendie ». Dans un communiqué, il a assuré que les éléments communiqués aux autorités judiciaires permettent « d’établir clairement la réalité des faits et d’acter la clôture de ce volet de la procédure ».
Par ailleurs, Sébastien Delogu, 38 ans, député des quartiers nord de Marseille, doit être jugé en juin pour diffusion de documents privés volés à un entrepreneur, dans un cadre lié à un conflit social.
Le Printemps Marseillais voulait « des explications »
Les informations diffusées par le Canard enchaîné ont suscité des réactions parmi ses adversaires. Le Printemps Marseillais, coalition de partis de gauche et des écologistes dirigée par le maire sortant Benoît Payan, a exigé « des explications ».
« Aucune forme de lien ne peut exister avec les narcotrafiquants », insistait l’alliance sur son compte X. L’équipe de campagne de M. Delogu a contesté, dénonçant « une polémique infamante de l’extrême droite » à l’encontre du député LFI.
La deuxième ville de France est fréquemment sous les projecteurs à cause des problèmes liés à la drogue, qui touchent nombres de quartiers où des clans rivaux se battent pour le contrôle des points de deal. Cependant, les autorités soulignent une baisse significative des assassinats liés à ce trafic ces dernières années. Néanmoins, des militants critiquent une réponse essentiellement sécuritaire et un désengagement de l’État et des services sociaux dans les quartiers affectés par la drogue.
Récemment, ce sujet a retrouvé une place centrale : le militant marseillais Amine Kessaci a été exfiltré en urgence jeudi, avant un meeting électoral à Aix-en-Provence, en raison d’une alerte sécurité.
Les circonstances de cet incident n’ont pas été communiquées. À 22 ans, Kessaci, devenu un symbole de la lutte contre le narcotrafic, vit sous protection policière depuis août, après que deux de ses frères ont été assassinés.