Dickpics non sollicités : un phénomène en hausse soulignant l'importance du consentement

Dickpics non sollicités : un phénomène en hausse soulignant l’importance du consentement

08.02.2026 06:46
2 min de lecture

Un phénomène préoccupant émerge dans le paysage numérique : la réception de dickpics non sollicitées, qui affecte une majorité d’utilisatrices sur les applications de rencontres. Selon un sondage réalisé en 2018 par IFOP pour UfancyMe, 42% des femmes ont été confrontées à de telles images, ce chiffre atteignant 63% chez les jeunes de 18 à 24 ans, rapporte TopTribune.

Une étude récente de 2025 portant sur près de 400 femmes espagnoles âgées de 18 à 45 ans révèle que 74% d’entre elles ont également subi cette expérience désagréable. Bien que certains tentent de minimiser ce problème, en suggérant qu’il suffit de supprimer l’image ou qu’il ne s’agit que d’une photographie, la réalité émotionnelle pour les victimes est souvent bien différente.

Des conséquences multiples et bien réelles

Les impacts des dickpics non sollicitées varient en fonction de nombreux facteurs, notamment le contexte, l’âge de la victime, et le soutien dont elle dispose. Les conséquences peuvent être psychologiques, entraînant perte de confiance en soi, sentiment d’insécurité, et difficultés à s’épanouir sur le plan intime ou sexuel. Physiquement, les victimes peuvent souffrir de somatisations, de troubles alimentaires ou d’automutilation.

Socialement, ces images peuvent générer un évitement d’interactions et une peur de l’intimité et des relations humaines.

Le consentement, au cœur du sujet

« Une image sexuelle imposée n’est jamais neutre. Elle engage le corps, l’intimité et la sécurité psychique de la personne qui la reçoit », souligne Nadia Morand, sexologue en Savoie. Bien que l’envoi de telles images ne soit pas toujours interprété comme une agression sexuelle au regard de la loi, il peut être requalifié en exhibition sexuelle, harcèlement ou atteinte sexuelle par surprise, surtout si la personne destinataire est mineure, aggravant ainsi les conséquences pénales.

La question du consentement préalable reste cruciale. « Dans une vie sexuelle adulte, l’échange d’images dénudées peut tout à fait s’inscrire dans une relation consentie. Le problème réside dans l’envoi non consensuel », précise la sexologue.

Il est essentiel de rappeler que le consentement ne se limite pas à un simple « oui ». Il doit être « réversible, éclairé, enthousiaste, librement donné et spécifique », insiste Nadia Morand. « Beaucoup d’envoyeurs pensent que montrer son corps est un cadeau et entraîne un droit en retour, ce qui est fondamentalement erroné », ajoute-t-elle. Avoir cette conception déformée peut causer de sérieux dommages aux victimes.

Que faire, où trouver de l’aide ?

Pour signaler des contenus illicites, le portail PHAROS permet de signaler des envois non consentis sur Internet.

Le numéro vert 3018, gratuit et anonyme, est accessible tous les jours de 9h à 23h. Il offre écoute et accompagnement par des psychologues et juristes, fournissant soutien aux victimes et aux témoins de cyberharcèlement, constituant un point d’entrée unique pour les adolescentes et leurs parents.

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