Procès des assistants fictifs du RN : l’inéligibilité de Marine Le Pen sous le feu des projecteurs
Au procès en appel des assistants fictifs du RN, le 3 février, Marine Le Pen, condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité, pourrait être empêchée de concourir en 2027, rapporte TopTribune. Cette situation relance le débat sur le « pouvoir des juges », soulevant des inquiétudes parmi les dirigeants du RN quant à l’impact potentiel sur les élections futures. Jordan Bardella, président du parti d’extrême droite, a affirmé que « beaucoup de Français ne comprendraient pas » qu’on les prive de leur candidate, qu’il considère comme « gagnante de l’élection présidentielle ».
Ces affirmations sont controversées, car elles remettent en question le principe d’égalité devant la loi, qui stipule que la loi « doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse », comme l’énonce la Déclaration des droits de l’homme. Poser la question de la culpabilité d’un candidat en fonction de son score dans les intentions de vote soulève des doutes sur la validité de l’argument. Dans la démocratie, la séparation des pouvoirs conditionne la légitimité de chaque acteur.
Les magistrats prennent leurs décisions au nom du « peuple français » et ne font qu’appliquer des lois élaborées par les élus. Ce sont ces mêmes élus qui, au cours des trois dernières décennies, ont renforcé les sanctions à l’encontre des responsables politiques, notamment en matière d’inéligibilité. Il est intéressant de rappeler qu’en 2013, Marine Le Pen soutenait l’inéligibilité à vie pour les élus condamnés pour détournement de fonds publics, un délit qui lui est maintenant reproché.
En écartant Marine Le Pen, les juges pourraient influencer l’issue de la présidentielle, un argument repris par ses détracteurs. Cela rappelle l’affaire François Fillon en 2017, dont la mise en examen pendant la campagne a été perçue comme une ingérence judiciaire. Cependant, François Fillon a ensuite été condamné à quatre ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité. La question demeure : est-il préférable que les juges poursuivent leurs missions, même en période électorale, ou laissent-ils des candidats coupables accéder à la présidence et profiter de l’immunité?