Procès en appel de Marine Le Pen : réquisitions attendues ce mardi à Paris

Procès en appel de Marine Le Pen : réquisitions attendues ce mardi à Paris

03.02.2026 07:37
2 min de lecture

Jugement imminent pour Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens

Les réquisitions du parquet général contre Marine Le Pen, le Rassemblement National (RN) et dix cadres du parti se dérouleront mardi 3 février 2026 après-midi au procès en appel à Paris concernant les assistants parlementaires européens du Front National. Ce procès est crucial pour la leader de l’extrême droite, qui voit sa candidature à la présidentielle de 2027 en jeu, rapporte TopTribune.

Des réquisitions après onze jours de débats

Après onze jours de débats, les avocats généraux consacreront près de six heures à démontrer la culpabilité des accusés de détournement de fonds publics entre 2004 et 2016. Les fonds du Parlement européen destinés à rémunérer les assistants des eurodéputés du Front National seraient, selon l’accusation, utilisés exclusivement au bénéfice du parti.

Les représentants de l’accusation, Stéphane Madoz-Blanchet et Thierry Ramonatxo, demanderont ensuite des peines pour chacun des prévenus. Le 31 mars, le tribunal correctionnel avait déjà condamné Marine Le Pen à quatre ans d’emprisonnement, dont deux fermes, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.

La leader de l’extrême droite pourrait néanmoins se présenter à l’élection présidentielle de 2027, à condition que la peine d’inéligibilité prononcée contre elle soit inférieure à deux ans et que la cour d’appel ne l’oblige pas à porter un bracelet électronique, une contrainte jugée incompatible avec la campagne électorale.

Un « grand désordre » au sein du parti

Les débats ont également mis en lumière l’indigence des preuves et le fonctionnement chaotique du RN. L’ancien élu Fernand Le Rachinel a témoigné que les assistants « travaillaient vraiment, mais pas dans les bonnes cases », ajoutant que c’était Jean-Marie Le Pen, ancien président du parti, qui avait le dernier mot.

L’eurodéputé Nicolas Bay a admis que son assistant l’avait aidé dans ses activités politiques nationales, tandis que Julien Odoul a reconnu n’avoir pas travaillé au début de son mandat. Le maire de Perpignan, Louis Aliot, a décrit la situation à l’époque comme un « grand désordre » sans pour autant’équiper ça de « système » délictueux.

Une contestation de toute infraction

Dès le début du procès, Marine Le Pen a nié toute intention de commettre une infraction, affirmant sa « bonne foi » et remettant en cause l’administration du Parlement européen, qu’elle considère comme plus laxiste à l’époque. Au terme d’un interrogatoire de treize heures, elle a déclaré :

« Est-ce que c’était lié à la désorganisation (du parti) ? Peut-être. Est-ce que les uns et les autres ont eu le sentiment de commettre un délit ? Je suis convaincue que non. Est-ce que le parti a commis un délit de manière intentionnelle ? Je crois que non […] s’il y a des assistants qui ont fait bénéficier leur force de travail au parti, je ne dis pas que c’était volontaire de leur part. »

Marine Le Pen

Depuis, la candidate malheureuse aux élections présidentielles s’interroge sur sa performance en tribunal, en particulier face aux avocats généraux. Elle a annoncé sa présence lors des réquisitions et des plaidoiries, réaffirmant sa détermination en déclarant : « Je boirai le calice jusqu’à la lie ».

Elle a toutefois précisé qu’elle ne reprendrait pas la parole avant la fin du procès, prévu pour le 12 février, une fois les plaidoiries de la défense achevées.

Avec AFP

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