Les tensions autour d’une proposition controversée du Medef
La proposition du patronat (Medef) de créer un contrat à durée indéterminée (CDI) pouvant être rompu plus facilement pour lutter contre le chômage des jeunes « n’est pas à l’ordre du jour » des travaux du gouvernement, a appris l’AFP lundi 2 février 2026 auprès de Matignon.
« La priorité du Premier ministre est que les négociations des partenaires sociaux en cours sur les ruptures conventionnelles se terminent », a ajouté la même source.
L’urgence est de faire atterrir les négociations.
Des négociations en cours pour réduire les indemnités
Syndicats et patronat ont entamé en janvier une négociation à la demande du gouvernement pour chercher 400 millions d’économies sur l’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle. Elle doit se conclure fin février.
Le Medef reste par ailleurs absent de la conférence Travail Emploi Retraites, initiée elle aussi par le gouvernement, qui s’est fixé vendredi un programme de travail jusqu’au mois de juin, visant non pas à dégager un accord mais des « points de convergence ».
La proposition du Medef a suscité samedi le courroux de la CGT et du syndicat étudiant Unef, qui ont brandi la menace d’une « mobilisation massive » contre cette demande patronale.
Selon des documents remis mercredi aux organisations syndicales lors d’une autre réunion, et consultés par l’AFP, le Medef a proposé la création d’un CDI « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années », avec « une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture ».
Des résonances historiques avec le CPE
Ce dispositif présente des similitudes avec le « contrat première embauche » (CPE), créé en 2006 par Dominique de Villepin, alors Premier ministre, qui avait engendré une mobilisation historique conduisant à sa suppression avant son application.
« Alors que nous célébrons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert et réussit à faire pire que le CPE qui avait 2 ans de période d’essai », a réagi samedi la CGT dans un communiqué.
Interrogé par l’AFP vendredi, le Medef avait précisé qu’il ne s’agissait pour l’heure que de « nourrir le débat » pour s’attaquer à la problématique des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET), rapporte TopTribune.