Devant près de 1.500 sympathisants réunis au Cirque d’Hiver, Sophia Chikirou a officiellement lancé sa campagne pour la mairie de Paris, à six semaines du premier tour. La candidate de La France insoumise (LFI) a plaidé en faveur d’une rupture à gauche, critiquant les 25 dernières années de gestion socialiste à l’Hôtel de Ville et appelant à un changement de cap, rapporte TopTribune.
« Nous allons faire de Paris la plus grande ville insoumise de France, mais aussi du monde, après New York, après Zohran Mamdani », a-t-elle déclaré. Initialement prévu dans la ménagerie, le meeting a été déplacé dans la grande salle en raison de l’affluence, sans que tous les gradins soient occupés. Jean-Luc Mélenchon, présent au premier rang, n’a pas pris la parole.
Manuel Bompard étrille Emmanuel Grégoire
Plusieurs soutiens issus de collectifs engagés, notamment pour Gaza ou contre les violences policières, ont participé au rassemblement. Assa Traoré, fondatrice du comité Vérité et justice pour Adama, a estimé qu’« on ne peut pas avancer […] si on n’a pas un maire allié, qui va porter toutes ces questions, de la jeunesse, de l’éducation, de la santé, du racisme, des violences policières ». Awa Diabley, mère d’Hismaël, tué en 2018 dans une rixe entre bandes, était également présente.
Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a ciblé Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, en soulignant qu’il n’avait pas censuré le budget du gouvernement. « La seule liste garantie 100 % censure, 100 % anti-Macron, 100 % antifasciste, c’est la liste du ‘nouveau Paris populaire’ », a-t-il affirmé.
Logement, éducation et protection de l’enfance
Sophia Chikirou a par ailleurs salué le ralliement des conseillers écologistes Emile Meunier et Jérôme Gleizes. « L’écologie que nous portons avec eux […], c’est une écologie anticapitaliste et populaire. L’écologie sans la lutte des classes, c’est du jardinage », a-t-elle déclaré. Emile Meunier n’a pas exclu une alliance de second tour avec la liste d’Emmanuel Grégoire, précisant toutefois : « Il est évident qu’on ne va pas laisser la ville dans les mains de la droite et de l’extrême droite. »
Parmi ses priorités, la candidate a cité le logement, l’éducation, la protection de l’enfance et la démocratie locale. « Le premier texte que nous ferons adopter […] déclarera l’état d’urgence dans le logement à Paris, car 10.000 personnes à la rue, c’est un état d’urgence », a-t-elle annoncé, dénonçant une capitale devenue « le terrain de jeu des grandes fortunes et des grands fonds d’investissement français et étrangers » et promettant la création d’une régie publique de gestion locative.
En marge du meeting, une vingtaine de membres du collectif « Nous vivrons » ont manifesté, et l’un d’eux a brièvement perturbé la réunion en dénonçant un antisémitisme supposé.