Stretchflation : l'augmentation des prix discrète et insidieuse dans notre quotidien.

Stretchflation : l’augmentation des prix discrète et insidieuse dans notre quotidien.

28.01.2026 09:46
2 min de lecture

La stretchflation fait désormais partie intégrante des discussions concernant les prix des denrées alimentaires en France. Suite à la shrinkflation et à la cheapflation, cette stratégie implique une légère augmentation de la quantité d’un produit, tout en pratiquant une hausse significative du prix au kilo. En conséquence, de nombreux ménages croient bénéficier d’une meilleure affaire, bien que leur budget soit en réalité un peu plus serré à chaque passage en caisse, rapporte TopTribune.

La stretchflation : une stratégie marketing qui dissimule l’augmentation des prix

Derrière le concept de stretchflation se présente une mécanique redoutable. Le paquet est souvent agrandi de quelques grammes seulement, tandis que l’augmentation du prix est beaucoup plus marquée. À première vue, le consommateur admire un bénéfice. Cependant, le prix au kilo augmente de manière notable. D’après des données relayées par Foodwatch, les augmentations de quantité oscillent entre 2,7 % et 15 %, alors que les prix au kilo grimpent de 17 % à 27 % sur les produits observés. Cet écart demeure souvent peu perceptible lors de l’achat.

Cette tactique s’appuie sur des techniques marketing bien établies. Les industriels utilisent fréquemment des expressions valorisantes comme « nouveau format » ou « plus généreux ». Ces affirmations suscitent une réponse positive, presque instinctive. Audrey Morice, responsable de campagne chez Foodwatch, précise que « ces mentionnements nous laissent croire qu’il y a un bénéfice à acquérir le produit, alors que le prix au kilo connaît une augmentation bien plus significative ». Le message visuel tend à prévaloir sur les données chiffrées, souvent reléguées au bas de l’étiquette. La stretchflation exploite ainsi une zone grise d’information qui ne viole pas la loi.

Des exemples révélateurs affectant le pouvoir d’achat des ménages

Les cas concrets mettent en lumière l’ampleur de ce phénomène. Par exemple, les gnocchis extra-fromage Lustucru ont augmenté leur poids de 285 grammes à 300 grammes, soit une hausse de 5,3 %. Simultanément, leur prix au kilo a grimpé de 6,79 euros à 8,07 euros, représentant une augmentation de 18,9 %, toutes augmentations de prix incluses. Ainsi, bien que le produit soit un tantinet plus lourd, il est, en fait, bien plus onéreux.

D’une manière analogue, les biscuits Mikado gagnent en taille, passant de 90 grammes à 100 grammes, ce qui correspond à une hausse de 11,1 %, tandis que le prix au kilo se modifie de 14,30 euros à 16,90 euros, soit une augmentation de 18,18 %, selon les informations de Foodwatch. Un autre exemple encore plus frappant concerne les cornichons aigre-doux Kühne, dont le poids a fluctué de seulement 2,7 %, s’élevant de 185 grammes à 190 grammes, alors que le prix au kilo a explosé de 11,32 euros à 14,48 euros, soit une hausse de 27,92 %. Pour les ménages, ces fluctuations répétées viennent alourdir la facture finale de manière peu discernable.

Comment identifier la stretchflation et atténuer son impact sur les prix ?

Pour lutter contre la stretchflation, la lecture attentive du prix au kilo est primordiale. Cet indicateur, le plus fiable pour comparer divers produits, transcende les variations de paquet ou de message marketing. Toutefois, cet affichage reste souvent peu visible. Foodwatch souligne que cette pratique « n’est pas illégale, mais indéniablement abusive », selon les déclarations d’Audrey Morice rapportées par Le Point. L’association critique un marketing qui met l’accent sur la perception au lieu de fournir une information claire.

Pour les ménages, une approche plus rationnelle est devenue nécessaire. Comparer les prix unitaires, envisager de changer de marque, voire renoncer à certains formats se revendiquant avantageux, peuvent alléger la hausse du budget.

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