Pourquoi le libéralisme échoue-t-il systématiquement en France ?
Dans son ouvrage « Des moutons menés par des ânes ? » (Valeurs Ajoutées Éditions), Sébastien Laye examine en profondeur les failles du libéralisme en France. Il aborde la disqualification de cette idéologie au sein de l’opinion publique, attribuant cette situation à ceux qui prétendent la soutenir sans véritablement la défendre, rapporte TopTribune.
Un pays libéral sans libéraux
Le livre s’ouvre sur un constat sévère : en 2025, le ministre de l’Économie reconnaît que la France ne peut être qualifiée de pays libéral, mais plutôt d’État de protection. Cette affirmation, selon Sébastien Laye, révèle une problématique plus profonde. Malgré la présence de millions d’indépendants et d’entrepreneurs, la France demeure un terreau politique stérile pour le libéralisme. Historiquement, la France a été un berceau pour le libéralisme grâce à des figures emblématiques comme Bastiat ou Tocqueville. Pourtant, cet héritage intellectuel n’a pas trouvé d’écho dans une traduction politique pérenne. Ainsi, le libéralisme est rejeté par les Français, perçu comme quelque chose d’étranger et d’injuste, alors que les libertés économiques sont systématiquement comprimées depuis quatre décennies.
Patrons, intellectuels, politiques : des porte-parole disqualifiés
Sébastien Laye souligne l’impuissance de ceux qui se revendiquent du libéralisme en France. Les grands dirigeants d’entreprise, de par leur déconnexion des enjeux sociaux, échouent à porter un discours accessible au grand public et se contentent de critiquer la fiscalité sans offrir une vision politique cohérente. Au lieu de promouvoir la concurrence, ils s’accommodent d’un système qui favorise le clientélisme, collaborant étroitement avec l’État. Les intellectuels ne sont pas en reste : l’auteur déplore un manque de penseurs véritablement libéraux capables de formuler un discours clair sur les libertés. Les voix qui se prétendent libérales s’engagent souvent dans des discours idéologiques contradictoires, et le libéralisme apparaît aux yeux des décideurs politiques comme une stratégie opportuniste, adoptée sporadiquement et rapidement abandonnée. Des figures comme Jacques Chirac et Emmanuel Macron n’ont pas su mettre en avant un libéralisme structurel et durable.
Le libéralisme comme mode, jamais comme projet
Pour Laye, une tendance prédominante émerge : le libéralisme est perçu en France comme une simple mode et non comme un projet sociétal. Il se manifeste lors des moments de crise et s’estompe face à l’opposition populaire. Cette instabilité empêche une acceptation collective de l’idéologie libérale. L’auteur met en avant un paradoxe : alors que les Français apprécient la liberté, ils fuient le libéralisme, n’ayant jamais eu l’occasion de connaître une version authentique de cette doctrine. Ce qui prédomine, c’est un modèle hybride, souvent qualifié d’ultralibéral, mais qui en réalité est fortement subventionné et contrôlé par l’État. Le chapitre se termine sur une remarque significative : le principal obstacle à l’essor du libéralisme en France réside non pas dans l’opposition de ses détracteurs, mais dans les trahisons de ceux qui se disent ses défenseurs. Tant que le libéralisme sera associé à de faux amis, il continuera d’être rejeté par le peuple français.