Joseph-Antoine Bell évoque l’avenir de la CAN et son héritage
Joseph-Antoine Bell, icône du football camerounais, réfléchit sur le passage de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) tous les quatre ans, une décision qu’il juge hypocrite et nuisible pour la visibilité du football africain. L’ancien gardien des Lions indomptables, champion de la CAN en 1984 et 1988, déplore que cette modification réduise l’exposition de la compétition, alors que d’autres régions augmentent leurs matchs et tournois, rapporte TopTribune.
Bell, désormais consultant, souligne que cette décision a été prise par la Confédération africaine de football (CAF) sans véritable consultation des joueurs, qui restent souvent silencieux face à de telles décisions. « Les joueurs jouent pour le public africain, » a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de donner une voix aux footballeurs lors de discussions qui les concernent.
En évoquant ses propres expériences à l’époque où il jouait, Bell se souvient de la difficulté de jongler entre ses responsabilités de club et celles envers son pays. « Il fallait s’arracher de son club tout seul, » dit-il, dénonçant le manque d’obligation de la FIFA pour protéger les intérêts des joueurs africains.
Pour Bell, la CAN représente plus qu’une simple compétition ; c’est un événement qui unit et inspire les jeunes joueurs africains. « La CAN a cette capacité d’attraction, » affirme-t-il, rappelant le souvenir de l’édition de 1972 au Cameroun qui a marqué son enfance. L’importance de maintenir l’esprit de solidarité et d’humanité au sein de la compétition est primordiale selon lui.
« Les clubs se plaindront toujours quand ils n’auront pas leurs joueurs. Même tous les quatre ans, ils se plaindront toujours. »
Dans un contexte où la diversité et l’inclusion sont mises à l’honneur dans le football mondial, Bell appelle à conserver les traditions africaines tout en étant ouverts aux innovations. À l’approche de la Coupe du Monde 2026, qui verra potentiellement jusqu’à neuf pays africains participer, il souligne l’importance d’une représentation accrue, tout en rappelant que cette évolution doit être accompagnée d’une célébration de l’identité et des valeurs africaines.
Joseph-Antoine Bell reste ainsi une voix essentielle dans le débat sur l’avenir de la CAN, affirmant son attachement à cette compétition qui fédère les communautés et nourrit les rêves des générations futures de footballeurs africains.