La Pologne accuse TikTok de diffuser une campagne de désinformation russe
La Pologne accuse TikTok de diffuser une campagne de désinformation russe

La Pologne accuse TikTok de diffuser une campagne de désinformation russe

31.12.2025 14:45
2 min de lecture

Le 30 décembre 2025, la Pologne a officiellement saisi la Commission européenne afin qu’elle engage une procédure de surveillance contre TikTok pour diffusion massive de contenus de désinformation d’origine russe. Le vice-ministre polonais des Affaires numériques, Dariusz Standerski, a demandé l’application des mécanismes prévus par le Digital Services Act (DSA), estimant que la plateforme n’avait pas respecté ses obligations en tant que très grande plateforme en ligne face à une désinformation générée par intelligence artificielle sur TikTok. Selon Varsovie, les contenus identifiés appellent explicitement à la sortie de la Pologne de l’Union européenne.

Dans sa lettre adressée à Bruxelles, Standerski affirme que les vidéos diffusées dans le segment polonophone de TikTok présentent les caractéristiques d’une campagne coordonnée. Les messages, souvent portés par des avatars féminins synthétiques, mêlent appels au « Polexit », rhétorique ultranationaliste et critiques virulentes de la politique migratoire ainsi que du gouvernement en place, soulevant de graves inquiétudes quant à l’intégrité du débat public.

Varsovie pointe une opération d’influence orchestrée depuis Moscou

Le porte-parole du gouvernement polonais, Adam Szłapka, a qualifié ces contenus de désinformation russe ciblant la Pologne. Il a souligné que les narratifs diffusés correspondaient « à cent pour cent » aux intérêts stratégiques de Moscou et allaient à l’encontre des intérêts nationaux polonais. Szłapka a également relevé des traces de syntaxe russe dans certains messages, suggérant une production automatisée mal adaptée au contexte linguistique local.

Les autorités assurent disposer d’outils nationaux pour contrer ce type d’ingérence informationnelle, tout en appelant les citoyens à signaler activement les contenus suspects. Cette mobilisation vise à limiter la portée virale de messages perçus comme une menace directe pour l’ordre public et la sécurité informationnelle.

Le DSA au cœur de la réponse européenne attendue

Dans son recours, Standerski estime que TikTok n’a pas mis en place de mécanismes efficaces de modération des contenus générés par intelligence artificielle ni assuré une transparence suffisante sur leur origine. Il demande que la plateforme fournisse un rapport détaillé sur l’ampleur de la campagne, son audience et les mesures prises pour supprimer les contenus concernés et empêcher leur réapparition, conformément aux objectifs du DSA en matière de lutte contre la désinformation.

L’affaire est suivie de près à Bruxelles, alors que la Commission est de plus en plus sollicitée pour utiliser les nouveaux instruments réglementaires afin de contenir les risques systémiques liés aux grandes plateformes numériques, en particulier dans un contexte géopolitique tendu.

Une nouvelle phase de la guerre hybride informationnelle

Selon plusieurs analyses relayées par les autorités polonaises et européennes, Moscou a intensifié ces derniers mois l’usage de l’intelligence artificielle pour amplifier ses opérations d’influence, notamment via des voix synthétiques, des bots et des publications automatisées sur les réseaux sociaux. Cette stratégie vise prioritairement à fragmenter l’unité interne de l’Union européenne et à affaiblir le soutien politique, militaire et financier apporté à l’Ukraine, comme le souligne également une analyse sur la désinformation russe en Europe.

La capacité de l’IA à produire rapidement des contenus crédibles et massivement diffusables marque une évolution qualitative de la guerre hybride. Face à cette menace, Varsovie plaide pour une réponse coordonnée mêlant régulation technologique, coopération internationale et renforcement de la résilience sociétale, notamment par l’éducation aux médias et le fact-checking.

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