Dans le secteur immobilier, le diagnostic de performance énergétique, couramment désigné par l’acronyme DPE, revêt une importance croissante. Ce document influence non seulement la valeur d’un bien, mais il peut également conditionner les modalités de sa mise en location. Un rapport récent de RMC a mis en exergue une pratique préoccupante : certaines agences immobilières semblent manipuler ces diagnostics afin d’élargir artificiellement la note énergétique d’un logement pour favoriser sa vente ou sa location. Ce phénomène soulève de nombreuses interrogations concernant les propriétaires, les acheteurs ainsi que l’ensemble du marché immobilier, rapporte TopTribune.
Gonfler les DPE : un jeu risqué
Le DPE doit fournir des informations sur la consommation énergétique d’un logement. L’échelle de notation va de G (très énergivore) à A (très économe), ayant un impact direct sur le prix de vente ou les conditions de location des biens. Cependant, des témoignages témoignent de falsifications visant à favoriser la vente.
Marie, une responsable administrative dans le Bas-Rhin, a partagé son expérience après avoir réalisé des travaux de rénovation énergétique soutenus par MaPrimeRenov’. Malgré ces efforts, son logement a été classé F en raison d’un « DPE d’agence immobilière », ce qui montre que l’agent immobilier avait fourni un diagnostic biaisé selon l’explication reçue de son accompagnateur.
Ces faux diagnostics semblent souvent être demandés par des donneurs d’ordre, et certains diagnostiqueurs y succombent en raison de leurs lacunes professionnelles ou pour des motifs liés à leur activité commerciale. Un rapport anonyme recommande d’ailleurs un encadrement plus rigoureux de ce secteur afin de contrer ces dérives.
Témoignages et conséquences
Béatrice, infirmière en Dordogne, évoque également ce problème dans les pages de Capital. En requérant à un technicien de réévaluer le diagnostic énergétique de la maison qu’elle envisageait d’acheter, elle a obtenu une note F, ce qui lui a permis d’acquérir le bien à un tarif attractif. Toutefois, cette pratique soulève un risque majeur : un logement passoire pourrait voir son autorisation de location annulée s’il est classé F ou G, ces catégories étant souvent désignées comme « passoires thermiques ».
Les manipulations de DPE ont donc des répercussions à la fois économiques et juridiques, menaçant la transparence et la confiance au sein du marché immobilier. De plus, les logements indécents peuvent également entraîner des pertes dans les allocations financières. Un diagnostic DPE erroné fausse ainsi les conditions transactionnelles pour toutes les parties impliquées.
Réglementation et perspectives pour l’avenir
À partir de janvier prochain, des modifications du mode de calcul du DPE sont prévues. Ces changements pourraient occasionner une reclassification massive des logements, permettant à de nombreuses résidences principales d’échapper à la qualification de passoire thermique sans nécessiter de réelles rénovations. Cette révision vise à rectifier les distorsions présentes et à améliorer la fiabilité des diagnostics, mais soulève également des questions quant à l’avenir du marché immobilier dans le contexte des défis environnementaux.