La peur de l'engagement : comprendre les mécanismes psychologiques et sociaux d'une réalité actuelle

La peur de l’engagement : comprendre les mécanismes psychologiques et sociaux d’une réalité actuelle

07.12.2025 17:16
2 min de lecture

La peur de s’engager, que ce soit à travers la signature d’un contrat à durée indéterminée, l’acceptation d’un mariage ou la planification d’une grossesse, touche de nombreuses personnes. Cette appréhension se manifeste par « un sentiment d’effroi ou de terreur, des efforts considérables pour éviter le sujet, l’apparition d’une anxiété incontrôlable rendant difficile un fonctionnement normal, des pensées négatives et un sentiment de perdre le contrôle », explique Rodolphe Oppenheimer, psychothérapeute et psychanalyste à Paris, sur son site Internet, rapporte TopTribune.

Le corps peut également traduire cette peur par divers symptômes, tels que « des tremblements, des nausées, des pleurs, une fréquence cardiaque élevée, des douleurs thoraciques, des vertiges, des évanouissements, de la transpiration et de l’essoufflement ».

Fuir la stabilité ?

Bien que rien ne soit figé et que la plupart des choix puissent évoluer, certaines situations évoquées précédemment s’accompagnent d’une forme de stabilité. Est-ce justement cette stabilité qui effraie ceux qui repoussent l’engagement ? Cela peut être le cas lorsque l’équilibre repose sur le changement, comme dans le cas de déménagements fréquents (logement, ville, pays), facilité par la location. Il en va de même pour ceux qui choisissent de s’investir dans des missions professionnelles de courte durée.

Par ailleurs, certains refusent de se marier, préférant vivre une relation de couple sans engagement formel, maintenant ainsi leur liberté de ne pas s’engager à long terme.

L’exemple de la gamophobie

La peur du mariage et des engagements qu’il implique a même un nom : la gamophobie, « caractérisée par une peur excessive, persistante, incontrôlable et irrationnelle », selon Rodolphe Oppenheimer. Certaines personnes peuvent éprouver une peur du mariage tout en restant engagées avec un partenaire à vie.

Pour d’autres, cela peut aboutir à une situation plus extrême, où « certaines personnes souffrant de cette phobie préfèrent rester célibataires toute leur vie ou être dans une relation engagée sans jamais se priver d’une porte de sortie ».

Nervosité, anxiété, hérédité

Cela soulève la question de savoir si la peur de l’enfermement, au sens propre, joue un rôle dans cette phobie du mariage et, de façon plus générale, dans la peur de l’engagement. « Pour toute phobie, l’origine se trouve souvent dans une expérience négative intense passée. Cela traumatise l’individu qui commence à redouter l’engagement, créant des images négatives ou fixes dans un domaine particulier », souligne Oppenheimer.

Il mentionne également que des facteurs tels que l’hérédité, la génétique, la prédisposition à l’anxiété ou à une nervosité excessive doivent être pris en compte. Ces éléments peuvent nécessiter des consultations psychanalytiques pour aborder les peurs et la complexité des engagements, ou des séances de thérapie comportementale et cognitive (TCC) pour aider à retracer les racines de cette peur et corriger les réponses inadaptées.

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