« Bugonia » : Yórgos Lánthimos questionne la valeur de l'humanité face aux extraterrestres

« Bugonia » : Yórgos Lánthimos questionne la valeur de l’humanité face aux extraterrestres

29.11.2025 09:06
2 min de lecture

Le nouveau thriller grinçant de Yórgos Lánthimos, sorti en salles le 26 novembre, semble suggérer que notre société a atteint un point de non-retour. On en discute avec les deux acteurs principaux du film, Emma Stone et Jesse Plemons.

Le cinéaste grec Yórgos Lánthimos, connu pour sa comédie sombre et absurde, a présenté son dernier film, Bugonia. Ce thriller met en scène Jesse Plemons dans le rôle de Teddy Gatz, un complotiste persuadé de la supériorité extraterrestre de Michelle Fuller, interprétée par Emma Stone, une PDG d’entreprise pharmaceutique. Alors que le film aborde des thèmes contemporains tels que l’écologie, les idéologies extrémistes et la polarisation politique, il soulève des questions inquiétantes sur l’état de notre société, rapporte TopTribune.

Les deux personnages, séparés par leurs convictions idéologiques, se heurtent dans une lutte qui laisse entrevoir l’impossibilité d’un véritable dialogue. Le film, remake du sud-coréen Save the Green Planet!, mélange humour noir et commentaire social, exposant les maux de notre époque.

Lors d’une interview à Los Angeles, Plemons a exprimé ses préoccupations : «Si des extraterrestres nous observaient, qu’est-ce qu’ils penseraient de notre manière de nous divertir et de notre incapacité à apprendre de nos erreurs…»

Une analyse des extrêmes

Bugonia illustre comment l’isolement conduit à des pensées radicales. Les protagonistes, chacun prisonnier de leur vision du monde, montrent à quel point la distance et l’absence d’interaction humaine peuvent engendrer des idéologies extrêmes. Emma Stone note : «Quand il n’y a personne pour nous ramener au monde réel, on peut développer une pensée très virulente.»

Le film présente une ambiguïté idéologique qui force le spectateur à réfléchir sur les extrêmes de notre société et leur ridicule. Plemons conclut : «Le film nous force à regarder les extrêmes de notre monde et expose leur absurdité. Il ne dit pas au public ce qu’il doit ressentir, il vous laisse décider ce que vous devez penser.»

Thème de la communauté et de l’isolement

Stone souligne la perte du sens de la communauté, un thème central du film : «Nous avons perdu, de manière générale, un sens de communauté. Quand on se sent vraiment seul, on peut chercher une connexion de manière absurde.»

Plemons s’inspire du livre de Naomi Klein, Le Double – Voyage dans le monde miroir, pour interpréter son personnage, soulignant que le constat d’une société en dégradation amène à chercher une communauté, parfois dans des groupes extrémistes.

Un regard sur l’humanité

Bien que sombre, Bugonia apparaît étrangement optimiste à la fin, comme l’explique Stone : «La fin est étrangement optimiste, dans le sens où la planète continuera à s’épanouir.» Ainsi, le film soulève des questions cruciales sur l’avenir de l’humanité et notre rapport à la terre.

Emma Stone résume : «Quand on a un virus, on prend un médicament et on essaie de l’éradiquer. Quelle est la solution pour la toxicité que nous représentons pour la planète?» Bugonia promet d’être à la fois divertissant et provocateur, engageant le public à une réflexion critique sur son existence.

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