Trois banques françaises mal notées pour leur impact sur la transition énergétique

Trois banques françaises mal notées pour leur impact sur la transition énergétique

28.11.2025 07:26
3 min de lecture

Les banques européennes ont injecté près de 4 milliards d’euros par an dans des minerais critiques, tels que le lithium, le cuivre, le cobalt et le nickel, entre 2016 et 2024, selon un rapport publié par Oxfam et d’autres ONG. Ce montant représente la moitié des financements européens, ce qui soulève des inquiétudes concernant l’impact environnemental et les violations des droits humains associés à ces investissements, rapporte TopTribune.

Alors que la COP30 s’est récemment déroulée au Brésil, les ONG ont critiqué l’Europe pour alimenter involontairement des violations des droits de l’homme tout en cherchant à assurer son approvisionnement en matières premières essentielles à la transition écologique. Le rapport met en lumière les liens entre les banques et des exploitations minières en République démocratique du Congo, au Mozambique, au Brésil et au Pérou, accusées de dommages environnementaux et d’accaparement de terres.

Sur la période d’analyse, les banques de l’Union européenne ont accordé 64 milliards d’euros en prêts et en aide à des sociétés minières. Parmi ces banques, trois institutions françaises – BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale – émergent comme principales contributrices. Alexandre Poidatz, responsable plaidoyer finance et climat chez Oxfam France, a souligné l’urgence d’une obligation de responsabilité pour ces institutions.

Les enjeux de l’extraction de minerais critiques

Le rapport se concentre sur l’extraction de minerais critiques dans un contexte de transition énergétique, où la demande pour le lithium, le cobalt et le nickel, essentiels à la fabrication de batteries et de technologies renouvelables, est en forte augmentation. Environ 70 % des minerais nécessaires à cette transition se trouvent dans des pays en développement.

Les interrogations persistent quant à la manière dont l’Union européenne va importer ces matières tout en évitant de reproduire des logiques de colonialisme vert. Les ONG insistent sur la nécessité de garantir que cette extraction ne soit pas effectuée au détriment des droits humains et de l’environnement.

Réponses des banques et insuffisances des politiques

BNP Paribas a affirmé avoir mis en place une politique d’autorégulation depuis 2013. Toutefois, les ONG jugent ces politiques insuffisantes et appellent à un renforcement immédiat. Les banques affirment avoir des cadres éthiques, mais ne renoncent pas à financer des entreprises aux pratiques douteuses, laissant planer un flou sur la véritable portée de leurs engagements.

Possibilité d’une finance verte responsable

Le débat autour des financements bancaires s’intensifie, notamment après qu’un rapport de huit ONG ait révélé que les financements mondiaux favorisaient les énergies fossiles. Une finance responsable qui favorise les énergies renouvelables est souhaitable et réalisable. Les banques doivent cesser de financer des projets nuisibles pour le climat et c’est impératif d’arrêter le développement de nouveaux projets fossiles ainsi que de réévaluer les entreprises concernées.

Des initiatives positives existent au sein de certaines banques, comme la Banque postale, qui cherchent à réorienter leurs investissements. Cependant, il est crucial de veiller à la chaîne de valeur et aux conditions de déploiement de ces énergies durables.

Les banques dans le viseur des ONG

Les critiques se multiplient à l’égard des banques françaises, notamment à la suite de la publication du rapport Banking on Climate Chaos, indiquant que BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale figurent parmi les principales banques finançant les énergies fossiles. Cela soulève des questions sur leur engagement envers la transition écologique.

Les ONG affirment que ces banques sont de « mauvais élèves » en matière de transition énergétique, arguant qu’elles expriment des intentions positives tout en continuant à financer des projets qui contredisent ces engagements. Oxfam, ainsi que d’autres organisations, a même porté plainte contre BNP Paribas pour non-respect de son devoir de vigilance environnemental.

La loi sur le devoir de vigilance pourrait fournir un cadre légal pour contraindre les banques à assumer leurs responsabilités et à respecter l’ensemble de leur chaîne de valeur. Cependant, des modifications récentes au sein du Parlement européen ont affaibli ces obligations, ce qui pose des questions sur l’avenir de la régulation effective des banques financières.

Exigences et pouvoirs des banques

Les ONG soutiennent que les attentes envers les banques doivent être proportionnelles à leur pouvoir d’influence. En tant que moteurs économiques, ces institutions ont la capacité de façonner un avenir plus durable à travers leurs choix de financement. Il est donc impératif qu’elles réorientent leurs investissements vers la transition écologique sans céder aux modèles dépassés et destructeurs.

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