
Chaque année, le travail non rémunéré des femmes est au cœur du débat public : pour 2025, le mouvement Les Glorieuses a choisi le lundi 10 novembre à 11 h 31 comme un marqueur symbolique illustrant le début de ce phénomène, résultant des inégalités salariales persistantes. , rapporte TopTribune.
Comprendre pourquoi les femmes travaillent gratuitement à partir du lundi 10 novembre
Cette heure précise a été retenue suite à des calculs effectués par Les Glorieuses : « À temps de travail identique, les femmes perçoivent en moyenne 14,2 % de moins que leurs homologues masculins », d’après les données les plus récentes de l’Insee. En d’autres termes, sur une année de travail de 251 jours, cet écart salarial se traduit par une interruption symbolique de paiement à cette heure-là.
Cela représente une prise de conscience d’une perte de salaire pour les femmes, qui selon les estimations du collectif, doivent travailler gratuitement pour la fraction de l’année correspondant à cet écart.
Les mécanismes à l’origine des inégalités salariales
Il est essentiel de noter que l’écart de 14,2 % ne reflète pas entièrement la réalité : d’autres études indiquent qu’en France, l’écart salarial global peut atteindre 22,3 % pour l’ensemble des emplois. Par ailleurs, selon les données d’ Eurostat, dans l’Union européenne, le différentiel des salaires horaires bruts était de 12,0 % en 2023.
Ce déséquilibre est exacerbé par plusieurs facteurs structurels :
- Une majorité de femmes optent pour des emplois à temps partiel ou interrompent leur carrière. Une étude souligne que « les femmes françaises travaillent en moyenne 9 % de moins que les hommes » en termes d’heures.
- La ségrégation professionnelle joue un rôle : les femmes sont fréquemment employées dans des secteurs féminisés ou moins valorisés, entraînant des rémunérations inférieures.
- Les entreprises ont également un impact : une recherche de la Banque de France révèle que les spécificités liées aux sociétés expliquent environ 16 % de l’écart salarial brut en France (11 % sont imputables à la répartition des postes, 5 % à la politique salariale).
Les révélations de ce moment symbolique sur l’économie et l’emploi des femmes
Cette symbolique met en évidence plusieurs conséquences sur le marché de l’emploi et l’économie. Premièrement, l’écart salarial ralentit l’égalité professionnelle. Si la tendance actuelle se poursuit, le collectif Les Glorieuses estime qu’il faudrait attendre jusqu’en 2167 pour obtenir une égalité salariale. En outre, cet écart influence les trajectoires professionnelles, la visibilité et les opportunités d’accès à des postes mieux rémunérés pour les femmes, aggravant ainsi une inégalité déjà bien ancrée. Des études montrent que l’écart de rémunération pour des postes equivalents en termes d’heures de travail reste significatif (environ 3,8 %), même s’il est moins marqué.
Enfin, concernant l’emploi, cela renvoie à la sous-évaluation des professions à prédominance féminine, une flexibilité limitée dans les carrières et une reconnaissance tardive des conséquences économiques de ces inégalités.