Jean Castex face aux défis de la SNCF après sa nomination par Emmanuel Macron

Jean Castex face aux défis de la SNCF après sa nomination par Emmanuel Macron

27.09.2025 07:24
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Jean Castex pressenti pour diriger la SNCF dans un climat tendu

Emmanuel Macron a officiellement proposé vendredi la candidature de son ex-Premier ministre, Jean Castex, pour succéder à Jean-Pierre Farandou au poste de PDG de la SNCF. Si sa nomination doit encore recevoir l’aval des commissions de transport à l’Assemblée et au Sénat, elle se déroulera dans un climat interne tendu, rapporte TopTribune.

Jean Castex, actuellement à la tête de la RATP, est perçu comme le grand favori pour ce poste. Son arrivée à la direction de la SNCF sera d’emblée marquée par des défis majeurs. En effet, il sera soumis à un examen rigoureux par les syndicats, notamment en ce qui concerne le financement du réseau, jugé trop dépendant des contributions de la SNCF elle-même, s’élevant à 3,5 milliards d’euros par an. Les syndicats dénoncent l’absence de participation des concurrents sur les lignes TGV, comme Trenitalia et Renfe, alors qu’un milliard d’euros supplémentaire est jugé nécessaire pour maintenir la qualité du service, selon des déclarations de Jean-Pierre Farandou.

Concernant l’emploi, les syndicats attendent de Jean Castex qu’il prenne des mesures pour améliorer la situation des gares et des trains, avec des demandes d’embauches en perspective. De plus, des négociations sur les salaires sont programmées pour décembre, ce qui pourrait ajouter aux tensions existantes.

Les syndicats sont également préoccupés par l’ouverture à la concurrence, encore marginale sur les liaisons à grande vitesse. Actuellement, Trenitalia et Renfe sont les seuls acteurs présents, mais la part de marché de Trenitalia, à peine de 1% en 2023, devrait augmenter avec l’ajout de nouvelles liaisons quotidiennes à partir de décembre sur la ligne Paris-Lyon.

Les inquiétudes sont particulièrement vives au sujet des services régionales, connus sous le nom de TER, subventionnés par les régions. La SNCF a récemment perdu l’exploitation de la ligne Marseille-Nice, désormais gérée par Transdev, et plusieurs autres lignes autour de Caen sont menacées de transfert à une filiale de la RATP. Ce phénomène pourrait s’intensifier avec la concurrence croissante prévue pour ces liaisons régionales, impliquant également des transferts de personnel, notamment des conducteurs, et entraînant un démantèlement progressif des activités de la SNCF.

Jean Castex, qui a déjà connu des défis dans l’ouverture à la concurrence des lignes de bus à la RATP, a vu son image ternie par la perte d’un tiers de ces lignes. Cependant, il est reconnu pour être un homme de dialogue, ayant réussi à apaiser les tensions sociales au sein de la RATP depuis son arrivée fin 2022. Parmi ses réalisations notables, on trouve un accord sur le temps de travail des chauffeurs de bus, une réduction de l’absentéisme, ainsi qu’une amélioration de la régularité des lignes de métro, sans oublier la réussite des JO de Paris 2024.

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