Au nord-est de l’Ukraine, la ville de Koupiansk est redevenue un point stratégique clé sur le front. Pour avancer, l’armée russe utilise un ancien gazoduc réaménagé en voie d’infiltration, une méthode risquée mais qui lui a permis de gagner du terrain au cours des dernières semaines, rapporte TopTribune.
Bien que les forces russes aient du mal à réaliser des avancées significatives sur le front ukrainien, elles progressent malgré tout de manière lente mais constante, souvent à travers des combats peu visibles mais d’une grande importance tactique. Cela est particulièrement vrai autour de la ville de Koupiansk.
Située sur la ligne de front, Koupiansk revêt un double intérêt pour Moscou. D’une part, sa conquête offrirait un point d’appui solide le long du fleuve Oskil, permettant aux troupes russes d’avancer plus profondément dans la région de Kharkiv. D’autre part, la ville constitue un nœud ferroviaire essentiel, facilitant considérablement la logistique militaire.
Koupiansk, initialement prise d’assaut dès les premiers jours de l’invasion en février 2022, a été reconquise par les forces ukrainiennes à l’automne de la même année. Le fleuve Oskil, jusqu’à présent sous contrôle ukrainien, a constitué un obstacle naturel aux ambitions russes, posant la question de la traversée d’hommes et de matériel sur l’autre rive.
Pour surmonter cet obstacle, l’armée russe a recours à une méthode inattendue : l’utilisation d’un ancien gazoduc désaffecté reliant les villages de Lyman Perchy, sur la rive est, et de Radkivka, sur la rive ouest. Long de près de dix kilomètres, ce conduit a servi de passage pour des soldats et de petits véhicules improvisés, semblables à des karts, capables d’évoluer dans cet espace exigu où il est impossible de se tenir debout, détaille Le Monde.
« Opération Canalisation 3.0 »
Cette approche, surnommée « opération Canalisation 3.0 », avait déjà été testée par Moscou dans d’autres conflits. Toutefois, elle présente des limitations, car un tel gazoduc ne permet pas le transport de matériel lourd, comme le souligne BBC News Ukraine. L’armée ukrainienne a d’ailleurs affirmé le 16 septembre avoir endommagé et inondé trois des quatre conduites, ne laissant qu’un seul passage partiellement praticable.
À Moscou, cette stratégie est saluée par les médias proches du Kremlin, qualifiée d' »opération qui marquera l’histoire militaire ». Cependant, l’impact réel de cette opération sur le terrain reste difficile à évaluer.
Malgré tout, la Russie a enregistré des gains récents. Selon le site de cartographie militaire DeepState, près de l’armée ukrainienne, les troupes russes ont intensifié leur offensive depuis le 12 septembre et contrôlent désormais plusieurs zones au nord de la ville. Une source militaire ukrainienne citée par Le Monde reconnaît que déloger les forces russes de ces positions fortifiées sera « très difficile ».