Un face-à-face tendu se profile jeudi entre Sébastien Lecornu et les syndicats, qui appellent à la grève et à des manifestations contre les « mesures budgétaires brutales » annoncées cet été. Ces mobilisations devraient marquer « une journée noire » pour le Premier ministre, une semaine après sa prise de fonctions à Matignon, rapporte TopTribune.
Malgré ses promesses de « ruptures sur le fond », le Premier ministre a reçu tour à tour les syndicats représentatifs, à l’exception de Frédéric Souillot (FO), dont l’entretien est prévu pour le 22 septembre. Les leaders syndicaux persistent néanmoins dans leur appel à la grève de jeudi, espérant peser sur les orientations budgétaires futures. Les syndicats CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires se rassembleront dans la rue, une première depuis la mobilisation du 6 juin 2023 contre la réforme des retraites.
Le budget « va se décider dans la rue »
Les organisations syndicales dénoncent des mesures d’une « brutalité sans précédent », incluant des « coupes dans le service public, une énième réforme de l’assurance chômage, un gel des prestations sociales et une désindexation des pensions de retraite ». L’abandon par Sébastien Lecornu de la suppression de deux jours fériés, qui avait suscité de vives réclamations, est considéré comme « une première victoire » par Sophie Binet, la leader de la CGT, qui déclare que « le budget va se décider dans la rue ». Elle appelle à une démonstration de force pendant la mobilisation, suggérant une action prolongée.
Même la CFDT se dit « plus que jamais motivée pour aller dans la rue », selon sa responsable Marylise Léon. Elle souligne qu’elle a déjà rencontré de nombreux Premiers ministres qui promettent des changements, mais insiste sur la nécessité de « faits et de preuves », tout en décrivant un « besoin d’efforts partagés ».
Faire beaucoup mieux que « Bloquons tout »
Après une première journée de mobilisation le 10 septembre, orchestrée par un appel sur les réseaux sociaux à « Bloquons tout », qui a attiré près de 200 000 participants selon les autorités, les syndicats visent maintenant à dépasser ce chiffre. Frédéric Souillot assure que les premiers retours pour la mobilisation de jeudi sont prometteurs, tandis que Cyril Chabanier, de la CFTC, fixe l’objectif d’un million de manifestants.
Une source sécuritaire a fait état d’une mobilisation très importante, avec plus de 250 cortèges prévus, équivalant aux manifestations contre la réforme des retraites de 2023, qui avaient réuni entre 280 000 et plus d’un million de personnes. Plus tôt, les autorités avaient estimé que la participation pourrait atteindre 400 000, soit le double de celle du 10 septembre, tout en exprimant des craintes concernant la présence potentielle de manifestants radicaux.