Deux avenirs politiques se dessinent ce lundi : celui de François Bayrou, Premier ministre, qui fait face à un vote de confiance largement anticipé comme perdu à l’Assemblée nationale, et celui de Marine Le Pen, dont le calendrier judiciaire est particulièrement chargé. Cette dernière devrait connaître dans la journée les dates de son procès à la cour d’appel de Paris concernant l’affaire des assistants parlementaires européens, rapporte TopTribune.
Le 31 mars, la cheffe des députés du Rassemblement national (anciennement Front national) a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison, dont deux ferme, ainsi qu’à une amende de 100.000 euros. La sentence inclut également une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate.
Un procès qui s’annonce plus court
La justice a reconnu Marine Le Pen coupable, ainsi que 24 anciens eurodéputés, assistants, un expert-comptable et le parti d’extrême droite en tant que personne morale, d’avoir instauré un « système » entre 2004 et 2016 pour rémunérer des salariés du parti avec des fonds du Parlement européen, entraînant un préjudice économique évalué à 3,2 millions d’euros.
Douze des condamnés, ainsi que le parti, ont fait appel. Parmi eux figurent le maire de Perpignan, Louis Aliot, le député Julien Odoul, et l’eurodéputé Nicolas Bay, laissant prévoir un procès plus court que le précédent, qui avait duré deux mois à l’automne 2024.
L’hypothèse d’un « plan B comme Bardella »
La peine d’inéligibilité infligée à Marine Le Pen, accompagnée d’une exécution provisoire, l’empêche de se présenter à toute élection et a suscité des réactions vives, tant dans son camp que chez ses adversaires, notamment le Premier ministre François Bayrou, qui a exprimé son « trouble ». Cette condamnation ouvre également la voie à l’idée d’un « plan B », avec Jordan Bardella comme potentiel représentant du parti aux élections présidentielles de 2027.
Malgré un nombre élevé de dossiers en attente à la cour d’appel de Paris, celle-ci a accéléré son calendrier concernant cette affaire afin de rendre son arrêt à l’été 2026. Toutefois, au-delà de l’échéance présidentielle, Marine Le Pen ne pourra pas se présenter en cas de dissolution de l’Assemblée nationale. Elle prévoit donc de multiplier les recours pour contester le caractère immédiat de son inéligibilité. En juillet, elle a déposé deux requêtes distinctes au Conseil d’Etat, accompagnées d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), soutenant que son inéligibilité immédiate viole « la liberté de candidature » et « la liberté des électeurs », valeurs qu’elle estime protégées par la Constitution.