Une militante féministe marocaine condamnée à 30 mois de prison pour "blasphème" lié à un tee-shirt

Une militante féministe marocaine condamnée à 30 mois de prison pour « blasphème » lié à un tee-shirt

04.09.2025 14:53
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Un tribunal marocain a condamné la militante féministe Ibtissame Lachgar à 30 mois de prison ferme pour « atteinte à l’islam », a annoncé ce mercredi 3 septembre l’un de ses avocats, qui compte interjeter appel. Âgée de 50 ans, Lachgar est accusée d’avoir publié fin juillet sur les réseaux sociaux une photo d’elle en t-shirt portant l’inscription « Allah is lesbian », jugée « offensante envers Dieu » par la justice marocaine, rapporte TopTribune.

Durant l’audience au tribunal de première instance de Rabat, Ibtissame Lachgar a défendu son choix vestimentaire en affirmant que ce t-shirt reprenait « un slogan féministe qui existe depuis des années » et n’avait « aucun rapport avec l’islam ». Elle a précisé que cette image, partagée précédemment sans provoquer de réactions, avait été portée lors de manifestations féministes en Europe.

La sanction inclut également une amende de 50 000 dirhams marocains, soit environ 5 000 euros. Son avocat, Me Mohamed Khattab, a fait savoir qu’il comptait faire appel de cette décision et s’est dit préoccupé par l’état « psychique » de sa cliente, incarcérée depuis le 12 août à la prison d’El Arjat, près de Rabat. Il a ajouté que des recours peuvent être envisagés en vertu de la loi sur les peines alternatives.

« Verdict choquant »

À la fin août, Naima El Guellaf, l’avocate de Lachgar, a indiqué que sa cliente souffrait d’un cancer et devait subir une opération urgente, qui pourrait entraîner des complications graves. Le verdict a provoqué des larmes parmi sa famille et ses cercles proches, avec Hakim Sikouk, président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), qualifiant cette décision de « choquante » et la qualifiant de « violation de la liberté d’expression ».

La publication controversée sur les réseaux sociaux, où la militante se représentait avec le t-shirt, était accompagnée d’un texte critiquant l’islam et d’autres idéologies religieuses. Cela a entraîné des menaces de violence à son encontre et a soulevé un débat intense sur les limites de la liberté d’expression au Maroc. Son avocat a rappelé qu’en 2022, Lachgar avait déjà été interrogée sur cette même image, sans être poursuivie. Le procureur a cependant demandé une peine conforme aux articles 267-5 du Code pénal marocain, qui sanctionne les atteintes à la religion islamique. La loi prévoit des peines de six mois à deux ans de prison, pouvant atteindre cinq ans si l’acte est réalisé en public ou par voie électronique. Hakim Sikouk a souligné que l’arrestation de Lachgar était arbitraire, déclarant qu’elle n’agissait que sur des opinions personnelles, sans violence ni incitation.

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