Au Japon, le Premier ministre subit un lourd échec politico-électoral.

Au Japon, le Premier ministre subit un lourd échec politico-électoral.

20.07.2025 17:54
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Pour le Premier ministre japonais, c’est un coup dur. La coalition gouvernementale de Shigeru Ishiba a perdu sa majorité à la chambre haute du Parlement suite aux élections qui se sont tenues dimanche dernier. Sur les 125 sièges élus, le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir et son allié Komeito n’ont réussi à obtenir que 41 sièges, d’après les prévisions médias. Or, pour conserver la majorité, il leur fallait en remporter 50, rapporte TopTribune.

Coup dur pour Ishiba

Shigeru Ishiba, âgé de 68 ans, n’est en fonction que depuis dix mois et pourrait déjà être écarté de son poste. Sa coalition est en outrecuidance à la chambre basse du Parlement, une situation qui résulte des élections législatives anticipées qu’il a lui-même convoquées après avoir pris la tête du PLD en septembre de l’année précédente.

« La situation est difficile, nous devons l’examiner très humblement et sérieusement », a déclaré le Premier ministre lors d’une interview dimanche soir. Interrogé sur son avenir, il a répondu : « Nous ne pouvons rien faire avant d’avoir vu les résultats finaux, mais je me montrerai conscient de ma responsabilité. »

Percée de l’extrême droite

Le parti populiste Sanseito, connu pour son slogan « Le Japon d’abord », a fait une forte percée en remportant 16 sièges, alors qu’il n’en détenait que deux auparavant. Cette formation, qualifiée d’extrême droite, empiète sur le vote du PLD en promouvant des « règles et restrictions dures » sur l’immigration, en critiquant le « mondialisme » et en dénonçant ce qu’elle considère comme des politiques de genre excessives.

Malgré des allégations de liens avec Moscou, le Sanseito a vigoureusement nié toute connexion avec la Russie, ce qui montre son intention de se distancier de ces accusations.

Quel scénario pour la suite ?

Le Japon se trouve désormais dans une situation incertaine, avec un gouvernement en minorité dans les deux chambres du Parlement, une première depuis la Seconde Guerre mondiale, comme l’explique Toru Yoshida, professeur de sciences politiques à l’Université Doshisha. En raison de l’absence d’une coalition alternative viable entre des partis d’opposition divisés, « la solution probable pourrait bien en venir à une grande coalition entre le PLD et le Parti démocrate constitutionnel (centre-gauche) », estime Hidehiro Yamamoto, professeur de politique à l’Université de Tsukuba.

Étant déjà minoritaires à la chambre basse, le PLD et Komeito devront collaborer avec l’opposition pour passer leurs lois.

Inflation et droit de douane

Cette instabilité politique survient à un moment où l’économie se dégrade. L’inflation demeure élevée, atteignant plus de 3,3 % en juin, avec un accroissement des prix du riz qui ont doublé en seulement un an. De plus, l’application des tarifs douaniers par l’administration de Donald Trump a provoqué une chute de 25 % des exportations automobiles vers les États-Unis, un secteur climatic qui représente environ 8 % des emplois au Japon.

Les menaces de surtaxes généralisées de 25 % au 1er août compliquent davantage la situation économique d’un pays dépendant des exportations. Pour contrer l’impact de l’inflation, Shigeru Ishiba a élargi les aides au logement, prolongé des subventions à l’énergie, et prévu de distribuer des chèques d’aides aux citoyens. Les autorités ont également décidé de libérer une partie des réserves stratégiques de riz afin de faire baisser les prix, mais ces efforts restent, pour le moment, sans succès.

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