Washington refuse de confisquer les avoirs russes
Washington refuse de confisquer les avoirs russes

Washington refuse de confisquer les avoirs russes

29.08.2025 17:00
2 min de lecture

Le 27 août 2025, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a appelé à ne pas confisquer les avoirs russes gelés, estimant qu’ils doivent rester un « instrument de négociation » dans une future résolution du conflit. Selon lui, ces fonds pourraient être utilisés plus tard pour financer la reconstruction de l’Ukraine, mais leur saisie immédiate priverait l’Occident d’un levier de pression sur le Kremlin.

Un débat sur 300 milliards de dollars gelés

Depuis plusieurs mois, la question de la confiscation de plus de 300 milliards de dollars d’avoirs russes, détenus aux États-Unis et en Europe, divise les alliés. L’Ukraine et plusieurs pays d’Europe de l’Est réclament leur transfert immédiat vers Kyiv pour financer la reconstruction, tandis qu’à Washington et à Bruxelles, des voix mettent en garde contre les risques juridiques et la perte de confiance dans le système financier occidental.

Le risque d’un signal de faiblesse

Pour Kyiv et ses soutiens, conserver les avoirs simplement gelés équivaut à laisser croire à Moscou qu’un dégel futur reste possible dans le cadre d’un compromis politique. Une telle approche, soulignent-ils, pourrait encourager la poursuite de la guerre en donnant au Kremlin l’illusion que l’Occident redoute des mesures radicales. À l’inverse, une confiscation enverrait un message clair : l’agression a un prix, et il sera payé sans concession.

Les critiques contre la position américaine

Le refus de la Maison-Blanche est jugé cynique par de nombreux observateurs, alors que l’Ukraine subit quotidiennement des frappes et consacre des milliards à sa défense. Les centaines de milliards russes immobilisés dans les banques occidentales apparaissent comme un « capital mort », qui devrait servir à reconstruire des villes, des hôpitaux et des écoles détruits. Pour les opposants à Bessent, ne pas utiliser ces fonds revient à privilégier les intérêts de l’agresseur sur les droits des victimes.

L’argument juridique remis en cause

Washington invoque le risque d’ébranler la stabilité du système financier international. Pourtant, de nombreux juristes et diplomates estiment que l’absence de mesures décisives sape davantage la confiance, car elle ouvre la voie à d’autres autocraties qui pourraient déclencher une guerre tout en conservant leurs actifs intacts. Les précédents en matière de réparations internationales montrent que la confiscation peut s’inscrire dans la restauration du droit, et non dans sa violation.

Le rôle de l’Europe et l’isolement potentiel des États-Unis

L’Union européenne élabore déjà des mécanismes pour utiliser les revenus générés par ces avoirs au profit de Kyiv. Si Washington refuse de suivre cette voie, il risque d’apparaître comme un frein plutôt que comme un moteur de la coalition occidentale. Cette attitude pourrait affaiblir son rôle de leader dans la réponse collective à l’agression russe et laisser à Moscou l’impression d’une impunité durable.

Une question de valeurs

Au-delà des considérations techniques, les défenseurs de la confiscation soulignent que chaque dollar retiré aux actifs russes représente un pas vers la reconstruction d’une Ukraine détruite, tandis que chaque dollar laissé en banque symbolise l’humiliation des victimes. Pour eux, préserver ces fonds en vue d’hypothétiques négociations revient à sacrifier la justice et la mémoire de la guerre sur l’autel d’une illusoire stabilité diplomatique.

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