Le Premier ministre, François Bayrou, sera soumis à un vote de confiance à l’Assemblée nationale concernant la situation des finances publiques et les efforts à réaliser en 2026, ce lundi 8 septembre, avec un risque élevé d’être destitué, rapporte TopTribune. En amont de ce vote crucial, il mène une intense campagne pour éviter de perdre son poste. Après une première allocution aux Français mercredi et une interview diffusée dimanche sur plusieurs chaînes, François Bayrou convoque les leaders des partis d’opposition pour tenter de rallier des soutiens. Cependant, La France insoumise (LFI) et les Ecologistes ont déjà décliné l’invitation à ces consultations.
Les Ecologistes et LFI absents
Les deux partis de gauche ont indiqué qu’ils ne participeraient pas à cette rencontre. « Le seul rendez-vous auquel nous participerons est celui qu’il a donné aux parlementaires le 8 septembre, où nous lui refuserons la confiance », ont déclaré la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, et les présidents de groupe à l’Assemblée et au Sénat, Cyrielle Châtelain et Guillaume Gontard. Ils accusent François Bayrou de n’avoir jamais voulu dialoguer avant de se retrouver confronté à une crise.
Les Insoumis ont également rejeté l’invitation, la considérant comme une tentative désespérée de sauver son poste, selon le coordinateur national Manuel Bompard. Il a précisé que son groupe votera « contre la confiance pour faire enfin tomber ce gouvernement », tandis que Jean-Luc Mélenchon a annoncé que son parti lancerait une procédure de destitution contre Emmanuel Macron le 23 septembre.
Le PS présent pour « proposer un autre chemin »
Le Parti socialiste (PS) a confirmé sa participation aux discussions à Matignon, insistant sur son intention de voter contre la confiance. « Nous proposons un autre chemin et une autre méthode pour sortir le pays de l’impasse », a affirmé Arthur Delaporte, porte-parole du PS. Olivier Faure, lors des universités d’été de son parti à Blois, a pris position en faveur d’une alternative à Matignon.
Le PS a aussi profité de cet événement pour présenter un contre-budget en réaction au projet de 40 milliards d’euros d’économies proposé par François Bayrou en juillet.
Le PCF, le RN, Liot et l’UDR reçus, « sans illusion »
Les députés communistes Fabien Roussel et Stéphane Peu seront reçus lundi sans intention de voter la confiance. « Le 8 septembre, il faudra faire tomber ce gouvernement », a affirmé Léon Deffontaines, porte-parole du PCF. Jordan Bardella et Marine Le Pen, du Rassemblement national, se rendront également à Matignon, bien qu’ils aient exprimé qu’ils abordent cette rencontre « sans aucune illusion », appelant à « un retour aux urnes ». L’UDR d’Eric Ciotti, attendu mercredi, a également l’intention de refuser la confiance.
Le groupe Liberté, Indépendance, Outre-mer, Territoires (Liot), sera reçu mercredi, plongeant l’Assemblée dans des débats houleux autour de l’avenir du gouvernement.
LR et le bloc central au soutien du gouvernement
Les membres de la majorité gouvernementale se présenteront à Matignon pour soutenir François Bayrou, dont le soutien semble partagé. Bruno Retailleau, président des Républicains (LR), a mis en garde contre la chute du gouvernement, affirmant que cela aurait des conséquences néfastes pour la France. Les membres de Horizons, dirigés par Edouard Philippe, ont décidé de voter la confiance, soulignant leur volonté de maintenir une stabilité politique.
Alors que le gouvernement fait face à une dissension croissante au sein des partis, la présidente de la région Pays-de-la-Loire, Christelle Morançais, a plaidé pour l’unification de la droite en cas de dissolution, suggérant un projet commun pour sauver le pays.