Vos médicaments courants seront-ils classés comme dangereux en 2026 ?

Vos médicaments courants seront-ils classés comme dangereux en 2026 ?

09.12.2025 14:16
3 min de lecture

La revue indépendante Prescrire a publié son bilan annuel 2026 concernant les médicaments à éviter. Ce rapport met en lumière cent-huit traitements désignés comme « plus dangereux qu’utiles », incluant plusieurs médicaments couramment utilisés dans les foyers français. Quatre nouveaux produits ont été ajoutés à cette liste, touchant à des affections fréquentes telles que l’arthrose, les bouffées de chaleur, la toux chronique ou les hémorragies sous anticoagulants, rapporte TopTribune.

Arthrose, douleurs et fièvre : des médicaments familiers mais jugés trop risqués

Les douleurs articulaires, en particulier celles associées à l’arthrose, poussent chaque année des millions de Français à recourir à des traitements jugés fiables. Toutefois, le bilan de Prescrire de 2026 a intégré à sa liste noire le Chondrosulf (chondroïtine), en précisant que ce médicament n’offre « pas d’efficacité tangible » sur la douleur ou la mobilité, tout en comportant des risques de réactions d’hypersensibilité.

Les anti-inflammatoires couramment employés, comme le diclofénac (Voltarène), ne sont pas en reste et sont pointés du doigt. Certains médias rappellent que ce médicament est reconnu pour présenter un risque cardiovasculaire supérieur à d’autres alternatives. Ainsi, plusieurs traitements autrefois considérés inoffensifs se révèlent parfois « plus dangereux qu’utiles ».

Dans de nombreux foyers, l’usage de diclofénac ou d’autres anti-inflammatoires non stéroïdiens en automédication est un réflexe face à des douleurs. Ce constat amène Prescrire à préconiser une vigilance accrue, en particulier pour les patients atteints de problèmes cardiaques.

Troubles digestifs : Smecta et d’autres incontournables remis en question

Les troubles digestifs tels que la diarrhée passagère, l’inconfort intestinal et les brûlures d’estomac représentent des maux fréquents soignés sans consultation médicale. Toutefois, plusieurs médicaments couramment utilisés pour ces symptômes sont désormais répertoriés dans la liste noire.

Parmi eux, le Smecta, longtemps considéré comme un indispensable de l’armoire à pharmacie, est mis en cause. Prescrire met en avant les risques associés à la présence d’aluminium, surtout chez les enfants et lors d’un usage répété. Divers médias soulignent que Smecta fait partie des produits populaire désormais déconseillés.

D’autres traitements digestifs, appréciés pour leurs effets modulants sur la flore intestinale, souffrent d’un manque d’efficacité avérée ou d’effets indésirables dépassant les bénéfices escomptés. Pour de nombreux consommateurs, il s’agit d’un véritable changement de paradigme : l’idée que les médicaments « classiques » pour la digestion aient une innocuité certaine est remise en question.

Ce domaine souligne un enseignement crucial de cette analyse : les médicaments les plus populaires ne garantissent pas nécessairement le meilleur rapport risques-bénéfices.

Maux de gorge et infections bénignes : Maxilase parmi les médicaments à éviter

Les infections ORL bénignes, telles que les maux de gorge et les irritations, représentent des motifs fréquents d’automédication. Le Maxilase, un anti-inflammatoire enzymatique présent sur le marché depuis des décennies, est désormais déconseillé.

Prescrire considère que son efficacité est insuffisante, alors que son utilisation peut entraîner des risques allergiques parfois graves. Plusieurs articles médiatiques rappellent que Maxilase est un choix courant chez les Français pour soulager un mal de gorge, bien que les résultats soient limités.

Ceci fait écho à une problématique plus large : la tendance à traiter des symptômes bénins avec des médicaments dont l’intérêt thérapeutique reste contestable.

Bouffées de chaleur, toux chronique, hémorragies : les quatre nouvelles alertes 2026

La mise à jour de 2026 a introduit quatre nouveaux médicaments, ciblant des pathologies parfois insuffisamment prises en charge :

  • Veoza (fézolinetant) pour les bouffées de chaleur : efficacité limitée et risques hépatiques. Prescrire évalue ses bénéfices comme « insuffisants ».
  • Lyfnua (géfapixant) pour la toux chronique : efficacité non prouvée et altérations persistantes du goût.
  • Ondexxya (andexanet alfa), antidote aux anticoagulants anti-Xa : données d’efficacité trop faibles face à un risque accru de thromboses.
  • Chondrosulf, déjà mentionné plus haut.

Ces ajouts appellent à la prudence vis-à-vis de traitements récents ou apparemment novateurs, qui ne garantissent pas nécessairement des avancées thérapeutiques.

Automédication : des réflexes à revoir

Le bilan 2026 met en avant un enjeu majeur : les médicaments à éviter touchent des pathologies bénignes et courantes, pour lesquelles les patients agissent souvent sans consulter de professionnel de santé.

Plusieurs médias soulignent que de nombreux produits omniprésents dans les armoires à pharmacie s’avèrent de réels choix inappropriés d’un point de vue thérapeutique. Ce constat est renforcé par les observations de Prescrire, qui rappelle que « d’autres options présentent un meilleur rapport bénéfices-risques ».

Cette évolution souligne la nécessité d’un rôle accru pour les pharmaciens et les médecins généralistes, dont la mission inclut de réorienter les patients vers des solutions non médicamenteuses ou des traitements plus fiables sur le plan scientifique.

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