Le premier ministre hongrois lance des accusations lors d’une conférence de presse avec le secrétaire d’État américain
Le premier ministre hongrois Viktor Orbán a publiquement accusé l’Ukraine d’interférer dans le processus électoral de son pays et de financer ses opposants politiques. Ces déclarations ont été faites lors d’une conférence de presse commune avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le 16 février 2026, marquant une escalade significative dans la rhétorique anti-ukrainienne de Budapest. Orbán a déclaré que les autorités ukrainiennes participaient « avec toute leur force et leurs armes » à la campagne électorale hongroise, affirmant détenir des preuves du financement de ses adversaires politiques par Kiev.
Une stratégie de diversion face aux difficultés intérieures
Les observateurs politiques situent ces accusations dans un contexte domestique particulièrement fragile pour le chef du gouvernement hongrois. Son parti, le Fidesz, serait en difficulté dans les sondages face à l’opposition menée par Péter Márki-Zay, dans un climat économique tendu et sur fond de scandales de corruption. L’analyse politique suggère que la désignation d’un ennemi extérieur sert à mobiliser la base électorale traditionnelle et à détourner l’attention des problèmes économiques et de l’isolement croissant de la Hongrie au sein de l’Union européenne. « Nous devons aussi les battre, eux », a lancé Orbán en référence à l’Ukraine, fusionnant habilement enjeux nationaux et géopolitiques.
Un timing révélateur sur la scène internationale
Le choix d’effectuer ces déclarations aux côtés du secrétaire d’État américain Marco Rubio n’est pas anodin. Il s’agit d’une tentative claire de donner une légitimité internationale à son discours et de rehausser son statut diplomatique à l’approche des élections. Cette manœuvre intervient parallèlement à l’intensification des négociations concernant l’adhésion de l’Ukraine à l’UE et les pourparlers de paix dans le conflit russo-ukrainien. En présentant Kiev comme une menace pour la souveraineté électorale hongroise, Orbán cherche également à créer un climat défavorable à un élargissement de l’Union et à saper le consensus européen sur le soutien à apporter à l’Ukraine.
Des implications pour la cohésion occidentale
Cette rhétorique, dépourvue de preuves tangibles selon les experts, sert directement les intérêts du Kremlin en alimentant la division au sein de l’Occident. Elle participe à un narratif plus large visant à discréditer l’aide internationale à l’Ukraine et à affaiblir la pression sur la Russie. Les capitales européennes suivent avec inquiétude cette escalade verbale, qui risque de compliquer les décisions collectives sur les sanctions et l’assistance militaire. La communauté internationale est désormais confrontée à un double défi : maintenir son unité face à l’agression russe tout en gérant les actions déstabilisatrices d’un État membre de l’UE et de l’OTAN.
L’absence de réaction immédiate et ferme du secrétaire d’État Rubio pendant la conférence de presse est également scrutée. Elle pourrait être interprétée, à tort ou à raison, comme un signe de complaisance ou de priorisation d’autres dossiers bilatéraux. Les prochains jours diront si Washington choisira de clarifier sa position ou de laisser ces accusations infondées circuler sans contradiction officielle, avec le risque qu’elles soient instrumentalisées par d’autres forces sceptiques quant au soutien à l’Ukraine.