Une surmortalité de 500 grues cendrées liée à la grippe aviaire observée au lac du Der

Une surmortalité de 500 grues cendrées liée à la grippe aviaire observée au lac du Der

24.10.2025 17:43
2 min de lecture

Une surmortalité sans précédent due à la grippe aviaire affecte actuellement les grues cendrées au lac du Der (Marne), un point névralgique pour leur migration vers le sud, selon des informations fournies par la préfecture de la Marne et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), rapporte TopTribune.

Depuis le week-end dernier, lors de l’arrivée de 42 000 grues cendrées autour de ce vaste lac, « environ 500 cadavres de grues ont été dénombrés », a déclaré vendredi la préfecture à l’AFP. La présence du virus de la grippe aviaire a été « confirmée » dans cette population, entraînant un relèvement du niveau de risque à son plus haut échelon sur le territoire métropolitain français. Ceci marque un tournant, car jusqu’à présent, les grues cendrées du lac du Der n’avaient jamais été touchées par ce virus, selon la même source.

Des décès aussi en Allemagne

Ce grand lac artificiel, qui se situe entre la Marne et la Haute-Marne, constitue un lieu de passage essentiel sur la route migratoire des grues, qui viennent du nord de l’Europe pour passer l’hiver dans des zones plus chaudes d’Espagne ou d’Afrique du Nord. Aurélien Deschatres, responsable de la LPO Champagne-Ardenne, a également signalé des décès de grues liés à l’épidémie en Allemagne. Des cas similaires commencent à être enregistrés sur le trajet migratoire des grues dans le sud-ouest de la France, bien que la préfecture de la Marne constate qu’il n’y a pas, pour le moment, de surmortalité observée chez d’autres espèces d’oiseaux présentes au lac.

Au lac du Der, les premières grues sont arrivées le 14 octobre. Actuellement, la LPO a comptabilisé environ 120 000 arrivées sur une population totale estimée entre 400 000 et 450 000 grues. Aurélien Deschatres a mentionné que d’autres grands mouvements migratoires sont attendus jusqu’à fin novembre. En raison du réchauffement climatique, ces oiseaux migrateurs tendent à prolonger leur halte sur les rives du lac du Der, avec environ 20 000 à 30 000 d’entre eux susceptibles d’y passer l’hiver selon les estimations de la LPO. Il est important de noter que la grue cendrée est une espèce protégée sur l’ensemble du territoire français depuis 1976.

La situation actuelle constitue une préoccupation majeure pour les ornithologues et les écologistes, car la grippe aviaire pourrait affecter non seulement les grues cendrées, mais également d’autres espèces aviaires. Les oiseaux migrateurs jouent un rôle crucial dans l’équilibre écologique, et leur déclin pourrait avoir des répercussions importantes sur les écosystèmes. La LPO et d’autres organisations environnementales appellent à une vigilance accrue et à la mise en place de mesures de protection afin de prévenir une propagation plus large du virus.

Des experts soulignent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre pleinement l’ampleur de cette épidémie et son impact potentiel sur les populations d’oiseaux migrateurs. Pendant ce temps, les autorités sanitaires et environnementales examinent les moyens de contenir la maladie et de surveiller de près les oiseaux infectés. La situation au lac du Der pourrait bien servir de baromètre pour évaluer la gravité de l’épidémie dans toute l’Europe, alors que les oiseaux migrateurs continuent de se déplacer vers leurs zones d’hivernage.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER