Alors que le débat sur les retraites se poursuit en France, marqué par la récente suspension de la réforme des retraites Borne, le groupe Ensemble pour la République, sous la direction de Gabriel Attal, cherche à relancer la discussion sur la retraite par capitalisation. Paul Midy, député de la 5e circonscription de l’Essonne, a proposé un amendement au Budget 2026 visant à créer un fonds souverain français destiné à établir une retraite partiellement fondée sur la capitalisation, en complément du système par répartition, rapporte TopTribune.
Ce fonds serait alimenté automatiquement par l’État à hauteur de 1000 euros pour chaque enfant né en France, « sans conditions de ressources ». Les familles devront également pouvoir y contribuer jusqu’à ce que l’enfant atteigne 18 ans, bénéficiant d’un abattement sur les donations, selon l’amendement. Un amendement similaire, déposé au début novembre, prévoyait que l’État n’abonde le fonds qu’à la majorité de l’enfant.
Un compte à 1000 euros pour chaque enfant
Le montant de cette mesure, qui coûterait environ 660 millions d’euros par an à l’État, soulève des questions. Si l’amendement était accepté, ce qui semble peu probable pour le moment, la création de ce fond souverain permettrait de favoriser l’accumulation d’un capital personnel pour chaque jeune Français, en l’orientant vers le financement de l’économie française, comme l’indique Paul Midy.
Cette initiative vise également à relancer le débat sur la retraite par capitalisation, considéré par le groupe Ensemble pour la République comme un complément nécessaire au système traditionnel par répartition. Si la mesure paraît équilibrée, elle semble surtout destinée à réactiver cette problématique cruciale pour l’avenir du système de retraite français.
« Retour de notre prospérité »
Dans l’exposé des motifs de son amendement, Paul Midy insiste sur le fait qu’il est essentiel de transiter vers un système de retraite par capitalisation obligatoire, collective et solidaire. « C’est la condition numéro une du retour de notre prospérité », affirme-t-il, précisant que cette transition pourrait générer jusqu’à 5000 milliards d’euros pour financer « notre économie ».
Risqué ?
Il convient de rappeler que la France a déjà mis en place un régime de retraite par capitalisation collectif pour la complémentaire des fonctionnaires. Cependant, l’approche de la capitalisation nécessite de la prudence. Les fonds investis pour la retraite sont soumis aux fluctuations boursières, et bien que Paul Midy parle d’un « véhicule d’investissement collectif et sécurisé », le risque est toujours présent. En effet, même des investissements supposément sécurisés peuvent être affectés par des crises économiques majeures.
La question demeure : la retraite par capitalisation constitue-t-elle un choix judicieux pour l’avenir des Français ? Comme tout placement, elle implique des risques qui ne peuvent être ignorés.