Les autorités lituaniennes ont ouvert une enquête après la diffusion d’informations mensongères affirmant que des droits civils seraient restreints en raison du projet de création d’un polygone militaire près de la localité de Kapčiamiestis. Le 22 janvier 2026, la police a confirmé avoir lancé une procédure préliminaire à la suite d’une plainte déposée par la maire du district de Lazdijai, Ausma Miškinienė, concernant un faux document circulant en ligne.
Ce texte, daté du 19 janvier et portant une signature falsifiée, annonçait prétendument des restrictions temporaires sur les rassemblements, manifestations et autres événements publics. Les autorités locales ont démenti catégoriquement son authenticité, soulignant qu’aucune décision de ce type n’a jamais été prise dans le cadre du projet de polygone.
Les autorités locales dénoncent une manipulation délibérée
Sur les réseaux sociaux, la maire de Lazdijai a affirmé que le document était un faux manifeste, appelant les forces de l’ordre à identifier rapidement les responsables de sa diffusion. Elle a rappelé son attachement au respect des libertés fondamentales et au droit des citoyens à exprimer leurs opinions et à organiser des rassemblements pacifiques.
La police a confirmé que l’enquête porte sur la propagation d’informations trompeuses liées au projet de polygone de Kapčiamiestis, tel que rapporté par l’enquête ouverte sur la désinformation autour du polygone de Kapčiamiestis.
Un projet militaire au cœur des enjeux de sécurité régionale
Le ministère lituanien de la Défense nationale justifie la création du polygone par la situation stratégique de la zone, située à proximité du corridor de Suwałki, considéré comme l’un des points les plus vulnérables du flanc oriental de l’OTAN. Les forces armées lituaniennes font face depuis plusieurs années à un déficit d’infrastructures modernes d’entraînement, ce qui limite la qualité de la préparation opérationnelle.
Pour un État frontalier de l’Alliance atlantique, la capacité à organiser des exercices réguliers et de grande ampleur est jugée essentielle afin de renforcer la dissuasion et la préparation face à d’éventuels scénarios de crise.
Processus démocratique et débat public
Les autorités rappellent que toute décision finale concernant le polygone devra être approuvée par le Parlement lors de la session de printemps, à l’issue de débats politiques ouverts. Le gouvernement insiste sur le fait que les procédures respectent strictement le cadre légal et démocratique, et qu’aucune mesure n’a été prise pour restreindre les droits de réunion ou d’expression des habitants.
Le président lituanien Gitanas Nausėda s’est par ailleurs entretenu avec la communauté locale afin d’expliquer la logique du projet et de répondre aux inquiétudes exprimées par une partie des résidents, opposés à l’implantation du site d’entraînement.
Désinformation et menaces hybrides
Les services de sécurité estiment qu’il existe une forte probabilité d’ingérence extérieure dans la diffusion du faux document. Dès le 12 janvier, le président Nausėda avait évoqué une possible implication de la Russie dans les campagnes de désinformation entourant le projet de Kapčiamiestis. Des médias russes et biélorusses avaient déjà relayé des récits alarmistes mettant en avant des craintes environnementales et un prétendu mécontentement massif de la population.
Pour Vilnius, cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de méthodes hybrides visant à fragiliser les États de l’UE et de l’OTAN en alimentant la méfiance envers les institutions démocratiques. Les autorités lituaniennes considèrent que la détection précoce et la neutralisation de telles opérations informationnelles constituent un élément central de la sécurité nationale.