Le 29 janvier 2026, des informations ont révélé que l’oligarque russe Arkadij Rotenberg, considéré comme l’un des plus proches alliés de Vladimir Poutine, a réussi à contourner les sanctions occidentales pour importer en Russie un avion d’affaires Airbus A318-112CJ Elite. L’appareil, doté d’un aménagement VIP comprenant salon, salle à manger, bureau convertible en chambre et systèmes de divertissement haut de gamme, a été introduit sur le territoire russe au plus fort de la guerre contre l’Ukraine.
Selon les registres de l’aviation civile russe, le propriétaire officiel du jet est la compagnie aérienne Severo-Zapad, une information corroborée par les données douanières. Toutefois, une fuite de bases de données des services frontaliers russes indique que l’utilisateur réel de l’appareil serait Arkadij Rotenberg lui-même.
Un montage offshore pour contourner les restrictions
L’avion a été fourni à Severo-Zapad par la société offshore Kutus Limited, enregistrée sur l’île de Man. Cette structure est dirigée par Vladislav Ioussoupov, parent et partenaire d’affaires de figures influentes de l’élite économique russe. D’après les documents douaniers, la transaction aurait été conclue pour 16,3 millions de dollars, un montant très inférieur à la valeur de marché estimée à au moins 65 millions de dollars, selon les éléments détaillés dans l’enquête sur l’achat du jet d’affaires à prix réduit et en contournement des sanctions.
Ce schéma met en évidence un mécanisme à plusieurs niveaux combinant sociétés offshore, sous-évaluation douanière et utilisateurs nominaux afin de masquer le bénéficiaire final et d’échapper aux contrôles liés aux sanctions.
Une aviation civile russe sous pression
Depuis février 2022, les États-Unis et l’Union européenne interdisent la fourniture d’avions et de pièces aéronautiques à la Russie. Ces mesures ont privé les compagnies russes d’un accès légal aux nouveaux appareils, à la maintenance certifiée et aux pièces détachées, entraînant une dégradation accélérée du parc aérien civil et une augmentation des risques opérationnels.
Dans ce contexte, l’importation d’un jet occidental par un membre de l’élite proche du pouvoir souligne le contraste entre la rhétorique officielle du Kremlin et les pratiques réelles de son entourage. Alors que les passagers russes subissent les conséquences du vieillissement de la flotte, certains oligarques continuent de bénéficier d’un accès privilégié à des équipements occidentaux de luxe.
Des failles persistantes dans l’application des sanctions
Les autorités américaines et européennes ont multiplié les enquêtes visant des tentatives illégales de fourniture de matériel aéronautique à la Russie. Malgré cela, les réseaux utilisant des intermédiaires étrangers, des sociétés écrans et des liens familiaux continuent d’exploiter les failles du régime de sanctions.
Le cas de l’Airbus A318-112CJ Elite importé pour Arkadij Rotenberg illustre la nécessité d’un renforcement constant des mécanismes de contrôle et de la responsabilité secondaire. Sans conséquences tangibles pour les intermédiaires situés hors de Russie, la capacité dissuasive des sanctions demeure limitée, tandis que leur contournement se poursuit.