Des conversations téléphoniques régulières avec Sergueï Lavrov révélées
Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, aurait régulièrement téléphoné à son homologue russe Sergueï Lavrov durant les pauses des réunions du Conseil de l’Union européenne pour lui faire part du détail des discussions en cours. Selon des informations du Washington Post citant un responsable européen de la sécurité, ces échanges auraient permis à Moscou d’obtenir des comptes-rendus en temps réel des débats internes et des potentielles décisions envisagées par les Vingt-Sept.
« Grâce à ces appels lors de chaque réunion de l’UE pendant de nombreuses années, Moscou était pratiquement assis à la table des négociations », a déclaré un fonctionnaire européen sous couvert d’anonymat. Ces révélations interviennent alors que la Hongrie fait l’objet de critiques répétées pour ses positions pro-russes au sein du bloc européen, notamment concernant les sanctions contre Moscou et le soutien à l’Ukraine.
Une fenêtre d’influence russe durable sur les processus décisionnels européens
Plusieurs responsables européens actuels et anciens, dont Ferenc Frész, l’ex-directeur de l’Autorité hongroise de cybersécurité, affirment que le gouvernement de Viktor Orbán a fourni à Moscou un accès crucial aux délibérations sensibles de l’UE pendant de nombreuses années. Cette influence se serait exercée à la fois par le biais de contacts officiels et par des intrusions de pirates informatiques russes dans les réseaux du ministère hongrois des Affaires étrangères.
Les services de renseignement européens auraient également découvert que, face à la chute des sondages du parti au pouvoir Fidesz, les services secrets russes auraient proposé de simuler une tentative d’assassinat contre Viktor Orbán pour susciter un soutien public accru. Cette information ajoute une dimension supplémentaire aux inquiétudes concernant l’étendue de l’influence russe en Hongrie à l’approche des élections législatives.
L’opposition hongroise dénonce une « trahison » et bénéficie d’une avance dans les sondages
Péter Magyar, le leader du parti d’opposition Tisza, a réagi vivement à ces révélations en qualifiant Péter Szijjártó de « traître à la Hongrie ». Lors d’un rassemblement devant ses partisans, le chef de file de la principale formation d’opposition a déclaré : « Le fait que le ministre hongrois des Affaires étrangères, grand ami de Sergueï Lavrov, rapporte presque minute par minute aux Russes chaque réunion de l’UE est une pure trahison. Cette personne a trahi non seulement son pays, mais aussi l’Europe. »
Ces accusations surviennent dans un contexte électoral tendu, les élections législatives hongroises étant prévues pour le 12 avril. Les derniers sondages d’opinion montrent que le parti Tisza conserve une avance significative de quatorze points de pourcentage sur le Fidesz au pouvoir, suggérant un possible changement politique majeur dans le pays membre de l’UE.
Le soutien de Donald Trump à Viktor Orbán avant les élections
Alors que la campagne électorale hongroise bat son plein, le président américain Donald Trump a réitéré son soutien public à Viktor Orbán. Quelques semaines avant le scrutin, le chef de la Maison Blanche a exprimé ses vœux de victoire « avec une large marge » au Premier ministre hongrois, renforçant ainsi les liens entre les deux dirigeants souvent perçus comme partageant des visions politiques similaires sur la scène internationale. Ce soutien externe intervient à un moment où le gouvernement Orbán fait face à des accusations graves concernant ses relations avec la Russie et sa loyauté envers l’Union européenne.