Pensant restituer un fragment du Parthénon conservé dans sa famille depuis près d’un siècle, Enrico Tosti-Croce s’est présenté à l’ambassade grecque. Les experts ont pourtant révélé que ce morceau de marbre provenait d’un temple encore plus ancien.
Enrico Tosti-Croce, un ingénieur chilien de 77 ans, a récemment remis un fragment de marbre à l’ambassade de Grèce, croyant qu’il s’agissait d’une partie du Parthénon. Ce geste intervient alors que la Grèce intensifie ses efforts pour récupérer de tels artefacts disséminés à travers le monde. Cependant, après examen par les autorités archéologiques grecques, il a été établi que ce morceau ne venait pas du célèbre temple mais appartenait à un édifice plus ancien, l’Hécatompédon, rapporte TopTribune.
Le fragment, d’une taille modeste, portait des gravures d’une fleur de lotus. Les experts ont conclu qu’il provenait de l’Hécatompédon, un temple de l’époque archaïque de l’Acropole, qui existait avant la construction du Parthénon. Ce temple a été érigé entre 570 et 490 av. J.-C. avant d’être détruit par les invasions perses.
Dans une lettre adressée à Tosti-Croce, Olympia Vikatou, la directrice du service archéologique, a confirmé l’identité de l’objet. Elle a indiqué que le marbre rejoindra les collections publiques grecques, remercions le donateur pour son acte en faveur du patrimoine culturel de la Grèce. Tosti-Croce a déclaré que ce fragment avait été gardé par sa famille pendant près d’un siècle, passant d’Italie au Chili, où il a été rapporté par son père, marin lors d’une escale à Athènes sans connaître sa valeur historique.
Bien que ce geste soit modeste en comparaison des marbres du Parthénon, que la Grèce réclame depuis des décennies à Londres, il souligne une sensibilisation croissante sur l’importance de la provenance des objets anciens. Le fragment remis par Tosti-Croce n’a pas mis fin aux discussions autour de la restitution des marbres du Parthénon, mais révèle un intérêt croissant pour le retour de ces trésors culturels dans leur pays d’origine. Enrichissant également le savoir scientifique, cette restitution met en lumière l’histoire complexe de l’Acropole, dont peu d’éléments sont encore accessibles.