Une menace croissante selon Berlin
Le 7 novembre 2025, le lieutenant-général Alexander Sollfrank, chef du Commandement opérationnel conjoint de la Bundeswehr, a averti que la Russie pourrait lancer une attaque à grande échelle contre les 32 membres de l’OTAN d’ici 2029 si son programme d’armement se poursuit sans entrave. Selon lui, Moscou dispose déjà des moyens nécessaires pour mener une offensive limitée à tout moment. La décision finale dépendra toutefois de la réaction et de la cohésion des pays occidentaux.
La puissance militaire russe reste significative
Malgré les pertes subies en Ukraine, les forces armées russes conservent une capacité opérationnelle élevée. Les forces aériennes demeurent puissantes, les capacités nucléaires et balistiques intactes, et la Russie prévoit d’augmenter ses effectifs jusqu’à 1,5 million de soldats. Selon Sollfrank, Moscou possède suffisamment de chars de combat pour envisager une offensive limitée dès maintenant. Le général estime que trois facteurs détermineront une éventuelle attaque : la puissance militaire, l’expérience de combat et la direction politique de la Russie.
La stratégie hybride du Kremlin
Sollfrank a décrit la stratégie russe comme une guerre hybride combinant désinformation, cyberattaques et menaces nucléaires, intégrées à la guerre en Ukraine. Moscou cherche à semer la peur, tester la résilience de l’OTAN et évaluer ses réactions. Le général allemand considère cette approche comme une « guerre par intimidation », visant à affaiblir la détermination occidentale avant tout conflit conventionnel.
Réactions en Europe du Nord
Le même jour, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, en visite en Estonie, a exhorté les pays européens à se préparer à une isolation prolongée de la Russie, même après la guerre en Ukraine. Il a insisté sur le renforcement de la compétitivité économique et du contrôle du flanc nord de l’Alliance, notamment en mer Baltique, région où les tensions restent élevées. De leur côté, les chefs de gouvernement norvégien et finlandais, Jonas Gahr Støre et Petteri Orpo, ont rappelé que la Russie constituait toujours la principale menace pour la sécurité du Nord de l’Europe.
L’OTAN face à un test de résilience
L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, estiment que la Russie mène déjà une « phase zéro » du conflit, visant à déstabiliser l’Europe par des intrusions de drones et des provocations aériennes. Les pays baltes et la Pologne sont considérés comme les plus vulnérables à une éventuelle agression. En réponse, l’OTAN a renforcé sa présence militaire dans la région baltique et le corridor de Suwałki, stratégique pour la défense de l’Europe orientale.