Dans la nuit du 11 au 12 novembre 2025, un drone inconnu a été repéré au-dessus de la gare de Mulhouse, où se trouvait un train transportant des chars Leclerc. L’appareil a effectué plusieurs survols avant que la sécurité du site ne déclenche l’alerte, et la police ait identifié le drone au-dessus du commissariat central, notant au moins deux vols de retour. Une enquête policière a été ouverte pour déterminer l’origine et l’objectif de ce survol.
Ce nouvel incident s’inscrit dans une série d’apparitions de drones près d’infrastructures militaires et critiques en Europe, notamment en Allemagne, Danemark, Norvège, Belgique et Pays-Bas. Ces vols ont provoqué des fermetures temporaires de l’espace aérien, notamment à Copenhague, Oslo et Munich, et s’inscrivent dans ce que les experts considèrent comme une campagne coordonnée de Russie visant à exercer une pression psychologique et à collecter des informations de renseignement.
Intensification des menaces hybrides et réactions européennes
Le survol de Mulhouse illustre un intérêt accru pour les transports militaires et la capacité à perturber la sécurité de sites protégés. Bien qu’aucune preuve directe ne relie Moscou à cet incident, le schéma correspond à l’utilisation habituelle par la Russie d’outils de pression indirecte : cyberattaques, opérations d’information et vols de reconnaissance pour tester la réaction de l’Ouest et accroître le stress sur les alliés de l’OTAN.
L’augmentation des intrusions de drones est vue comme une réponse russe aux mesures anti-Moscou de l’UE, visant à intimider les gouvernements européens et démontrer la vulnérabilité de leurs infrastructures. Les autorités européennes développent des initiatives telles que la « mur anti-drones », visant à créer un système de défense aérienne intégré pour contrer ces menaces, s’inspirant en partie de l’expérience ukrainienne contre les attaques de drones.
Face à cette situation, les États membres de l’UE et de l’OTAN renforcent la coordination de leur défense, élargissent les pouvoirs des centres de commandement aérien et intensifient le partage d’informations pour mieux surveiller et prévenir les intrusions de drones. Ces mesures visent à limiter la propagation des activités hybrides et à sécuriser les infrastructures critiques contre toute action hostile.