Le 8 janvier 2026, le sénateur républicain Lindsey Graham a annoncé que le président Donald Trump avait accepté de soutenir un projet de loi bipartisan visant à durcir fortement les sanctions contre la Russie. Dans un message publié sur le réseau X, Graham a estimé que ce signal intervenait à un moment critique, alors que l’Ukraine consent à des concessions en vue d’un accord de paix, tandis que Vladimir Poutine poursuit les hostilités sans changer de ligne.
Selon le sénateur, ce texte offrirait à la Maison-Blanche un levier de pression considérable sur des pays comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, afin de les contraindre à réduire leurs achats de pétrole russe à bas prix, qui constituent l’une des principales sources de financement de la guerre contre l’Ukraine, comme il l’a écrit dans sa déclaration publique.
Un signal politique dans un moment clé des négociations
L’annonce de Graham s’inscrit dans une phase délicate des discussions internationales sur la fin de la guerre russo-ukrainienne. Elle suggère une possible inflexion de la stratégie américaine, avec un retour assumé à l’usage de la pression économique comme instrument central pour contraindre Moscou à infléchir sa position.
Ce message intervient après plusieurs semaines de contacts diplomatiques infructueux avec le Kremlin, qui n’ont pas permis d’obtenir de concessions substantielles. Dans ce contexte, la menace de sanctions renforcées apparaît comme une tentative de modifier le rapport de force au moment où les négociations semblent dans l’impasse.
Des outils de pression élargis et un précédent récent
Le projet de loi, souvent désigné comme l’initiative Graham–Blumenthal, prévoit un élargissement significatif de l’arsenal des sanctions, notamment l’introduction de droits de douane secondaires pouvant atteindre 500 % sur les importations en provenance de pays continuant d’acheter des hydrocarbures russes. Une telle mesure viserait directement les revenus énergétiques de Moscou, pilier du financement de l’effort de guerre.
Cette approche s’inscrit dans une dynamique plus large illustrée récemment par l’interception forcée du pétrolier Bella 1, malgré son enregistrement dans les registres maritimes russes. Pour de nombreux observateurs, ces actions traduisent un passage de la rhétorique à des mesures concrètes, y compris l’application coercitive du régime de sanctions.
Une carte de négociation encore incertaine
L’aval donné par Trump ne garantit toutefois ni une adoption rapide du texte par le Congrès ni sa promulgation immédiate. Le président américain a déjà, par le passé, utilisé la menace de sanctions comme outil de négociation, ajustant sa position en fonction de l’évolution du dialogue avec Moscou.
Le caractère bipartisan du projet renforce néanmoins son poids politique et limite le risque qu’il soit perçu comme une initiative purement partisane. Pour le Congrès, il s’agit aussi d’ancrer une ligne dure vis-à-vis de la Russie dans la durée, indépendamment des ajustements tactiques de l’exécutif, et de tester la volonté réelle de Washington de passer à une phase de pression économique systémique.