Trump confronté à des revers électoraux importants : victoire de Mamdani à New York et fragilité économique

Trump confronté à des revers électoraux importants : victoire de Mamdani à New York et fragilité économique

06.11.2025 08:23
3 min de lecture

L’élection du démocrate socialiste Zohran Mamdani à la tête de New York représente un tournant symbolique et politique pour les États-Unis. Ce revers électoral, en toile de fond d’un ralentissement économique et de tensions sociales, expose la fragilité du second mandat de Donald Trump, qui fait face à une érosion de son soutien et à une contestation grandissante, à un an des mid-terms, rapporte TopTribune.

Bien que New York ne puisse pas être assimilée à l’ensemble des États-Unis, l’élection de Mamdani à la ville natale de Trump constitue un revers incontesté pour le président républicain. Il s’agit du premier véritable revers depuis sa réélection historique il y a un an, signalant les limites des politiques clivantes mises en œuvre par son administration.

À peine dix mois après son retour triomphal à la Maison-Blanche, Donald Trump se trouve confronté à une crise politique. Ce revers dépasse le cadre local en révélant une érosion significative du soutien populaire, signalant une usure précoce d’un mandat que Trump espérait être celui de la revanche.

Trump dans le déni

Le scrutin de New York a mobilisé plus de deux millions d’électeurs, un record en soixante ans. La victoire de Mamdani, premier maire musulman de la métropole et élu du Queens, illustre également une potentielle recomposition politique, particulièrement pour le parti démocrate, encore groggy après la défaite de Kamala Harris.

Mamdani a su séduire les jeunes, les minorités, et les classes populaires avec sa candidature progressiste. La réaction de Donald Trump, publiée sur son réseau Truth Social, est empreinte de déni et d’accusations déplacées. Il a tenté de qualifier Mamdani de « communiste » et a rejeté la responsabilité de la défaite d’Andrew Cuomo et du candidat républicain Curtis Sliwa sur le shutdown budgétaire et l’absence de son nom sur les bulletins, dénonçant une « manipulation médiatique ».

Les promesses économiques ne sont pas tenues

Ces revers électoraux, enregistrés à New York, mais aussi en Virginie et dans le New Jersey, interviennent dans un climat de fragilité économique et sociale, loin du retour à un golden age promis par Trump il y a un an. Les promesses de relance industrielle et de forte croissance restent lettre morte. Le PIB n’a augmenté que de 1,2 % au premier semestre 2025, tandis que la création d’emplois industriels stagne et que l’inflation, autour de 2,6 %, pèse sur le pouvoir d’achat des ménages.

Les politiques protectionnistes agressives et la hausse des droits de douane, décidées sans l’aval du Congrès, pèsent sur les importations et font grimper les prix à la consommation. Parallèlement, la paralysie budgétaire, la plus longue de l’histoire du pays, prive des millions d’Américains de prestations fédérales, entamant la crédibilité du gouvernement.

Dans ce contexte, la popularité de Trump plonge. Selon plusieurs sondages, il ne bénéficie que de 39 % à 42 % d’opinions favorables, avec une désapprobation atteignant 55 %. Un quart des électeurs conservateurs désapprouvent sa politique économique.

Populisme frontal, pression sur les institutions, rhétorique nationaliste

Sa stratégie demeure inchangée : un populisme frontal, la chasse aux sans-papiers, des pressions sur les institutions et une rhétorique nationaliste. Trump continue d’attaquer la Réserve fédérale et accuse médias et Congrès d’entraver sa « reconstruction » du pays.

Sur le plan diplomatique, Trump, qui promettait de se concentrer sur l’Amérique d’abord, brouille les pistes. Ses postures erratiques sur l’Ukraine et ses relations avec les alliés de l’OTAN témoignent d’une incohérence grandissante dans son approche internationale. Seul son succès au Proche-Orient est notable, malgré une intensification des frappes militaires à l’étranger.

L’opposition se réveille

Face à cette situation, une opposition civile et culturelle a commencé à émerger. Le mouvement No King, qui a organisé d’importantes manifestations, ainsi que des réseaux de mobilisation citoyenne, incarnent une résistance à un pouvoir jugé autoritaire et déconnecté. Ce nouvel élan de contestation évoque les mobilisations de 2017, mais se distingue par une meilleure organisation.

À un an des élections de mi-mandat, la présidence de Trump entre dans une phase critique. Les revers locaux, la lassitude sociale et la défiance politique convergent. L’image d’un leader inébranlable, qui aura 80 ans en avril prochain, se fissure sous la pression croissante de l’économie, de la contestation dans la rue et des urnes. Pour Trump, la reconquête pourrait passer par un pari risqué : transformer la crise actuelle en démonstration d’autorité.

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