Travail le 1er mai : la déclaration d’Emmanuel Macron suscite des divisions.

Travail le 1er mai : la déclaration d’Emmanuel Macron suscite des divisions.

07.01.2026 11:06
2 min de lecture

Le 1er mai est unique dans le paysage juridique français, étant considéré comme un jour férié non travaillé par principe. Récemment, Emmanuel Macron a suggéré une potentielle évolution des règles en ce qui concerne l’ouverture des commerces, en particulier des boulangeries, ce qui a ravivé un débat essentiel, opposant artisans, syndicats et acteurs politiques, rapporte TopTribune.

Macron souhaite renforcer la sécurité juridique pour les commerces

Le 5 janvier 2026, à l’occasion de l’Épiphanie, Emmanuel Macron a abordé la question des commerces ouverts le 1er mai, déclarant que le cadre légal en place expose certains professionnels à des sanctions inutiles. Son assertion, « Il faut donner de la sécurité juridique », a reçu un écho dans les médias, dont Le Parisien.

Macron a souligné que toute modification devrait être fondée sur le volontariat des salariés et impliquer une rémunération spécifique qui tienne compte des particularités de ce jour. Il a également souligné une contradiction dans le discours public, notant que « beaucoup de ceux qui défendent le caractère chômé du 1er mai consomment malgré tout ce jour-là », que ce soit pour acheter du muguet ou des produits alimentaires.

Bien qu’il n’ait pas annoncé de réforme imminente, Macron a clairement amorcé une réflexion sur l’opportunité d’adapter le droit du travail aux pratiques actuelles.

Le cadre légal au centre des débats

Actuellement, la législation est explicite : le 1er mai est le seul jour férié qui doit obligatoirement être chômé pour les salariés. Bien que les commerces aient la possibilité d’ouvrir, l’emploi de personnel salarié est en principe interdit, à moins de cas très particuliers prévus par la loi.

Ce cadre légal complique la situation des artisans. Opérer sans employés limite fortement les activités, tandis que l’embauche expose à des contrôles et à des sanctions éventuelles. Cette insécurité juridique est souvent dénoncée par les organisations professionnelles, qui estiment que le droit ne reflète plus la réalité du terrain.

Les boulangers en faveur d’une évolution réglementée

Les artisans boulangers ont plutôt bien accueilli l’idée proposée par le président. Les représentants de la profession insistent sur le fait que leur demande ne concerne pas un « laisser-faire » généralisé, comme l’a expliqué Dominique Anract, président de la confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie. Il a fait remarquer que « s’il y a des abus, il y a les prud’hommes pour ça ».

Pour eux, l’objectif principal est de clarifier les réglementations pour éviter que des artisans subissent des sanctions alors qu’ils répondent à une demande de leurs clients. Ils proposent une approche pragmatique, axée sur le volontariat et la transparence.

Une opposition syndicale qui résiste à tout changement

Toutefois, cette vision est vivement contestée par des syndicats tels que la CGT et La France Insoumise, qui dénoncent une remise en question d’un acquis social fondamental. Ils affirment que le 1er mai ne doit pas être considéré comme un jour férié ordinaire.

Selon RMC, ces syndicats soutiennent que le volontariat ne protège pas les salariés, en particulier dans les petites entreprises où la pression économique peut être écrasante. Ils craignent qu’une modification des règles n’entraîne une normalisation progressive du travail le 1er mai.

Une décision politique encore incertaine

Plus largement, cette controverse soulève un débat sur l’évolution du modèle social français. Entre la protection des employés, les attentes des consommateurs et les contraintes économiques des commerces locaux, la question du 1er mai provoque des tensions persistantes.

Pour le moment, aucune réforme n’est engagée, mais les déclarations d’Emmanuel Macron ont ramené la question au cœur du discours politique, suggérant un arbitrage délicat entre idéaux sociaux et nécessité d’adapter la législation du travail aux réalités économiques.

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