Le 10 février 2026, plusieurs médias nationaux ont rendu compte d’un projet de loi-cadre sur le transport, proposé par le gouvernement. Une des dispositions centrales de ce texte consiste à lier les tarifs des bus, métros et tramways à l’inflation. Autrement dit, cela impliquerait une évolution des prix chaque année en fonction de l’augmentation générale des coûts. Bien que cela puisse sembler une mesure technique, ses conséquences seraient bien réelles pour des millions d’usagers, rapporte TopTribune.
Transport : une indexation automatique des prix qui soulève des inquiétudes
Actuellement, les prix des transports publics sont établis par les autorités organisatrices locales, chaque augmentation étant sujette à un débat et un vote. Cependant, avec cette réforme, la situation changerait radicalement. L’indexation deviendrait la norme. Cela signifierait que les tarifs augmenteraient automatiquement en fonction de l’inflation, sauf si une collectivité locale décidait explicitement de ne pas suivre cette règle, comme l’a précisé l’UFC-Que Choisir.
En pratique, cela signifie qu’en période d’inflation positive, les tarifs des tickets et abonnements de transport augmenteraient presque inévitablement. Un rapport de Boursorama indique que cette indexation pourrait conduire à des hausses quasi systématiques. Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir, souligne que cela pourrait entraîner une augmentation quasi garantie des tarifs chaque année.
Cette réévaluation pourrait être automatique chaque 1er janvier. Par conséquent, même sans amélioration du service, les prix suivraient l’indice national d’inflation. Or, selon l’association, l’inflation totale ne reflète pas nécessairement les coûts ou la qualité des services de transport locaux.
Pourquoi l’UFC considère cela comme une mauvaise nouvelle pour les usagers
Pour bien comprendre les critiques, il est important de prendre en compte le quotidien des ménages. Les dépenses liées au transport sont souvent inévitables : abonnement mensuel, tickets occasionnels, trajets domicile-travail. Dans ce cadre, une indexation automatique des prix pourrait fragiliser le pouvoir d’achat.
« Augmenter les tarifs chaque année de manière automatique découragerait l’utilisation des transports en commun », a déclaré Marie-Amandine Stévenin, selon Boursorama. L’UFC-Que Choisir veut souligner que cette mesure serait « désincitative ». En effet, cela pourrait décourager l’utilisation des transports publics, alors même que les politiques publiques incitent à privilégier des modes de transport plus écologiques et à réduire l’usage des voitures individuelles.
De plus, l’association insiste sur le fait que l’indexation ne prend pas en compte les inégalités territoriales et sociales. Une augmentation uniforme des prix pèserait plus lourdement sur les ménages à faible revenu et sur ceux qui n’ont pas d’autres options de transport.
L’UFC-Que Choisir ne remet pas en question la nécessité de financer le transport public de manière durable. Toutefois, elle s’oppose fermement au mécanisme d’indexation automatique. Pour l’association, l’augmentation des prix doit être une décision politique réfléchie plutôt qu’une conséquence automatique de l’inflation. L’association exige la suppression complète de cette disposition du projet de loi, comme le rapporte Le Parisien.
Pour sa part, le gouvernement défend cette mesure comme un moyen d’assurer la stabilité financière des transports publics. Selon TF1 Info, l’exécutif rappelle que l’État subventionne en moyenne trois quarts du coût des billets de transport. L’objectif n’est pas de « doubler » les tarifs, mais d’ajuster les recettes en fonction des coûts. En rendant cette indexation systématique, le gouvernement vise à sécuriser les finances des réseaux de transport.