Thalès et Amélia ont annoncé avoir réussi des tests visant à réduire la production des traînées de condensation des avions, qui contribuent au réchauffement climatique, un succès rapporté par TopTribune.
Diane Vitry, directrice aviation de Transport & Environnement, souligne que certaines traînées blanches laissées par les avions dans le ciel sont nuisibles pour l’environnement, en accélérant l’effet de serre. Un phénomène observé lorsque des avions traversent des zones humides et froides de l’atmosphère, provoquant ainsi la condensation de l’humidité ambiante.
Qu’est-ce que sont ces traînées blanches ?
Ces traînées, qui ressemblent à la buée émise par une respiration dans l’air froid, ne sont pas toutes polluantes. Selon Diane Vitry, « tous les vols produisent du CO2 » mais certains engendrent d’autres effets plus nocifs, notamment en bloquant la chaleur durant la nuit, ce qui renforce le réchauffement climatique.
Les traînées de condensation, représentant une part importante des impacts environnementaux de l’aviation, sont responsables de 80 % de l’effet de serre provenant des aéronefs, alors qu’elles ne représentent que 3 % des vols. Ce paradoxal constat met en lumière l’importance d’agir sur ces émissions non-CO2.
En quoi consistent les tests réalisés par Thalès et Amélia ?
Les tests menés par Thalès et Amélia ont permis de détourner légèrement certains avions de leur trajectoire normale afin d’évaluer si cela pouvait réduire leur empreinte carbone. Cette approche engage juste une petite fraction du trafic aérien, mais le potentiel de réduction d’impact climatique est considérable.
Diane Vitry explique que les ajustements des trajectoires consistent à descendre légèrement les avions pour échapper à ces zones à problématique, prouvant que cette méthode est efficace, bien qu’encore limitée dans son application actuelle.
Est-il envisageable de généraliser ces tests ?
Vitry fait remarquer que, même si ce type de vol ne représente qu’une petite partie du trafic aérien, l’extension de cette approche pourrait être bénéfique. Des données nous permettent de prédire quels vols nocturnes et hivernaux seraient les plus susceptibles d’être modifiés, des périodes généralement moins chargées en termes de trafic aérien.
Quel gain environnemental promettent-ils ?
Les résultats des tests montrent que ces ajustements pourraient réduire l’impact carbonique des vols de 70 %, selon Amélia, bien que ce chiffre s’appuie sur un petit nombre de modifications effectuées jusqu’à présent. D’autres solutions, comme le développement de moteurs plus efficients et l’utilisation de carburants durables, prendront plus de temps à se déployer.
« Le meilleur moyen à court terme reste l’évitement de ces zones à risque », ajoute Vitry. Le compromis implique que les avions pourraient consommer un peu plus de kérosène, mais les bénéfices environnementaux qui en découleraient pourraient largement compenser cette surconsommation.
Quels sont les freins potentiels à une généralisation ?
Le fait d’augmenter légèrement la consommation de kérosène suscite la réticence des compagnies aériennes, car cela impliquerait des coûts supplémentaires pour une mesure non obligatoire. Cependant, le coût par billet pour réduire de manière significative l’impact climatique serait d’environ quatre euros, une somme relativement faible au regard des bénéfices environnmentaux attendus.
Pour aller au-delà des modèles de tests actuels, une intégration dans la régulation du trafic aérien sera essentielle. Le marché du carbone, qui sera examiné dans les mois à venir à Bruxelles, pourrait offrir un cadre propice pour obliger les acteurs du secteur aérien à prendre des mesures concrètes.
Dans ce contexte critique pour l’environnement, les travaux de Thalès et d’Amélia représentent un pas clé vers un avenir aéronautique durable, en faisant de l’aviation non seulement un vecteur de mobilité, mais également un acteur engagé dans la lutte contre le changement climatique.