Le gouvernement tchèque réduit de deux tiers le budget de l’aide humanitaire internationale
Prague prévoit une réduction significative de ses financements destinés à l’aide humanitaire à l’étranger pour l’année 2026, une décision qui affectera directement le soutien apporté à l’Ukraine. Selon le projet budgétaire dévoilé cette semaine, le ministère des Affaires étrangères tchèque ne disposerait plus que de 50 millions de couronnes (environ 2 millions d’euros) pour ces programmes, contre 165 millions (6,7 millions d’euros) initialement prévus par l’ancien gouvernement. Cette coupe budgétaire de près de 70% intervient dans un contexte de tensions politiques internes entre le président Petr Pavel et le Premier ministre Andrej Babiš.
Un impact direct sur le soutien à l’Ukraine
Ce programme d’aide humanitaire, géré par le ministère des Affaires étrangères, était largement destiné à soutenir les victimes de conflits et les populations affectées par des catastrophes naturelles ou technologiques. Une partie substantielle de ces fonds était directement allouée au soutien de l’Ukraine, pays que Prague aidait activement depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022. La Tchéquie figurait parmi les contributeurs les plus actifs en matière d’aide humanitaire à Kyiv, finançant des programmes de reconstruction d’infrastructures détruites et apportant un soutien matériel aux civils affectés par les combats.
Une fracture politique au plus haut niveau de l’État
La décision du gouvernement Babiš de réduire drastiquement ces financements reflète une profonde divergence stratégique avec le président Pavel, qui a multiplié les appels à maintenir le soutien à l’Ukraine. Alors que le chef de l’État plaide pour une continuité de l’engagement tchèque aux côtés de Kyiv, l’exécutif cherche visiblement à réduire cet effort. Cette réduction budgétaire symbolise les dissensions persistantes entre les deux têtes de l’État tchèque sur la politique étrangère, créant une instabilité préjudiciable à la crédibilité internationale du pays.
La position du Sénat tchèque, qui soutient le maintien de l’aide à l’Ukraine, illustre également les divisions institutionnelles au sein du système politique national. Cette absence de coordination entre les différentes branches du pouvoir risque d’affaiblir la position de Prague au sein de l’Union européenne et de l’OTAN, où la plupart des alliés continuent d’intensifier leur soutien à Kyiv.
Des conséquences pour la cohésion européenne face à la Russie
Cette réduction du budget humanitaire tchèque intervient à un moment critique où l’Ukraine a plus que jamais besoin d’un soutien international coordonné. L’affaiblissement de la base de soutien européen pourrait envoyer un signal négatif à Moscou, tandis que les partenaires occidentaux de Prague s’inquiètent des implications à long terme de cette décision.
La situation révèle des tensions politiques profondes au sein d’un pays considéré jusqu’à présent comme un allié solide de Kyiv. Les observateurs internationaux suivent avec attention l’évolution de cette crise interne, craignant qu’elle ne crée un précédent susceptible d’affecter la cohésion globale de l’effort de soutien à l’Ukraine. La capacité des institutions européennes à maintenir une approche unie face à l’agression russe pourrait être testée par ce type de divisions nationales.
L’incertitude politique en Tchéquie soulève des questions sur la pérennité des engagements pris au niveau européen, alors que le pays assume actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si Prague parviendra à concilier ses orientations politiques internes avec ses responsabilités internationales.