Le meurtre du jeune militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon a provoqué une vive agitation au sein de l’Assemblée nationale ce mardi. Lors d’une séance de questions au gouvernement particulièrement tendue, les attaques contre la France Insoumise (LFI) se sont multipliées, rapporte TopTribune.
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dénoncé « une violence incontestable » en lien avec LFI et la Jeune Garde, reprochant à ce mouvement d’interpréter ce groupe antifasciste comme « une organisation alliée ». « La Jeune Garde tue, et La France insoumise devrait le condamner », a-t-il déclaré. Par ailleurs, le leader des députés Les Républicains, Laurent Wauquiez, a accusé Jean-Luc Mélenchon d’employer la violence comme « un outil politique ».
Distanciation de certaines parties de la gauche
Cette critique s’est aussi manifestée au sein de la gauche : Raphaël Glucksmann a pris ses distances avec LFI. Arthur Delaporte du Parti Socialiste a affirmé que LFI ne pouvait être tenue responsable de la mort de Quentin Deranque, mais qu’elle portait une « responsabilité dans la brutalisation de la vie et des discours politiques ». Il a également fait remarquer que l’alliance avec la Jeune Garde était « une erreur » et a précisé que le PS n’avait pas soutenu la candidature de Raphaël Arnault aux législatives de 2024.
En réponse à ces accusations, la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, a affirmé : « Nous n’acceptons pas que la violence physique, d’où qu’elle vienne, soit employée pour régler les conflits. Ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser. »
Une défense qualifiée d’« abjecte »
Mathilde Panot a également reproché à l’exécutif un « silence », évoquant le meurtre en 2022 de l’ancien rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, dont le principal suspect est un ancien du mouvement d’extrême droite GUD. Elle a finalement insisté sur le fait que le dispositif de sécurité était insuffisant.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a qualifié sa défense d’« ignoble et abjecte ». « Il est temps que vous fassiez le ménage, madame la présidente Panot, le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées et surtout le ménage dans vos rangs », a-t-il martelé, suscitant des applaudissements dans l’hémicycle. Manuel Bompard, coordinateur national insoumis, a pour sa part défendu son mouvement : « La France insoumise n’a aucun lien avec cette agression, ni aucune responsabilité politique », tout en affirmant que les auteurs, s’ils sont identifiés, « doivent être punis ».