Accusations et tensions à l’Assemblée nationale après la mort de Quentin Deranque
Les députés ont observé mardi 17 février une minute de silence en mémoire de Quentin Deranque, un militant identitaire décédé dans une agression à Lyon. Les débats se sont ensuite intensifiés, marqués par un échange houleux entre le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et la députée insoumise, Mathilde Panot, rapporte TopTribune.
« En hommage au jeune Quentin, je vous demande d’observer une minute de silence », a déclaré Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. Dans l’après-midi, une riposte s’est dirigée contre La France Insoumise (LFI), venant principalement de la droite et de l’extrême droite. « Cette violence, c’est celle qu’a voulue Jean-Luc Mélenchon comme un outil politique quand il a déclaré qu’il fallait tout conflictualiser », a condamné Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine.
La députée UDR de l’Isère, Hanane Mansouri, a enchaîné avec des questions acerbes : « Si LFI est innocent, si vous n’avez rien à voir avec ce qui s’est passé, où est Raphaël Arnault ? Où est le député fondateur de la Jeune Garde ? Pourquoi se cache-t-il aujourd’hui ? »
Le groupe insoumis, bien que manifestement affecté, a contre-attaqué en attaquant le ministère de l’Intérieur. « Le maintien de l’ordre public relève de la compétence exclusive de votre gouvernement. Pourquoi aucun dispositif n’a été prévu ? Ouvrant la voie à tous les débordements alors que les renseignements territoriaux étaient avertis », a réagi Mathilde Panot, présidente de LFI.
LFI a également accusé le gouvernement de faire preuve de partialité envers les victimes d’extrême droite. Sébastien Lecornu a immédiatement répliqué : « Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject. Il est temps que vous fassiez le ménage, Madame la Présidente Panot. Le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées et surtout le ménage dans vos rangs ».
Plus tard dans la soirée, Jean-Luc Mélenchon a balayé les accusations et a appelé à la prudence : « Pas de surenchère. Aujourd’hui même, alors que nous sommes sous les coups des accusations les plus grotesques, les plus ridicules, les plus injustes, les plus dangereuses pour nos personnes, de notre côté, nous ne cédons pas à la facilité ».
Cependant, des voix au sein de LFI laissent entrevoir un certain malaise. « On peut nous reprocher d’avoir été contre la dissolution de la Jeune Garde, c’est vrai, Raphaël Arnault est peut-être une erreur de casting », a confié un proche de Jean-Luc Mélenchon. Après l’interpellation du collaborateur de Raphaël Arnault ce même soir, la pression sur les insoumis semble encore montée d’un cran.