Teintures capillaires : l'Anses met en garde contre des réactions potentiellement graves

Teintures capillaires : l’Anses met en garde contre des réactions potentiellement graves

13.04.2026 18:46
4 min de lecture

Des brûlures du cuir chevelu, des gonflements du visage, de l’eczéma, une chute de cheveux et des troubles respiratoires : l’Anses exhorte les consommateurs à ne pas négliger l’utilisation des teintures et décolorations capillaires. L’agence sanitaire s’appuie sur des déclarations recueillies entre 2019 et 2025 pour souligner qu’un produit vendu en vente libre, conforme à la réglementation, peut cependant provoquer des réactions graves chez certains utilisateurs, rapporte TopTribune.

La coloration capillaire, un acte qui mérite réflexion

Pour un grand nombre de personnes, la coloration des cheveux fait partie d’une routine de soins habituelle. Que ce soit pour dissimuler les cheveux blancs, ajuster sa teinte naturelle, raviver une couleur ou changer temporairement d’apparence, les raisons sont multiples. L’utilisation de ces produits ne se limite pas qu’aux cheveux : la barbe peut également en bénéficier, tout comme les cils, sous certaines conditions.

L’Anses souligne que cette pratique est largement répandue. Selon les données qu’elle présente, « plus de 60 % des femmes européennes et jusqu’à 10 % des hommes se colorent les cheveux ». Une étude française mentionnée dans le rapport indique également qu’« environ 64 % des femmes interrogées affirment utiliser des produits de coloration capillaire ».

Au sein du grand public, le risque associé aux teintures est souvent perçu comme n’affectant que les formules les plus agressives ou les usages inappropriés. Cependant, la note de cosmétovigilance publiée en avril 2026 révèle un problème plus étendu. Teintures permanentes, semi-permanentes, temporaires, décolorants : chacune de ces catégories implique l’utilisation de substances actives pouvant causer des réactions cutanées ou allergiques. L’agence le formule ainsi : « chaque type de coloration pose des risques pour la santé à cause des propriétés irritantes ou allergènes de ses ingrédients ».

Réactions cutanées et allergiques : un aperçu des signalements

Les personnes touchées font état sur leur cuir chevelu de brûlures, picotements, rougeurs, eczéma, irritations et parfois chute de cheveux. Le visage peut également être affecté, se manifestant par des gonflements, des sensations de chaleur, des plaques rouges et des œdèmes. Les yeux sont également mentionnés dans certains signalements.

Le point le plus préoccupant réside dans le fait que certaines réactions dépassent largement le cadre cutané. L’Anses note que « certaines déclarations faisaient état d’une gorge gonflée avec de véritables difficultés respiratoires », des symptômes correspondant à « une réaction allergique sévère potentiellement mortelle ».

Un autre fait important : le risque ne se limite pas aux colorations permanentes, même si elles représentent la majorité des cas. Les produits non oxydants sont également impliqués dans les signalements, y compris plusieurs cas graves. L’idée qu’une formule plus douce, plus temporaire ou simplement différente soit automatiquement plus sûre ne tient pas face aux données disponibles.

Le document souligne que « chaque type de coloration présente des risques pour la santé à cause des propriétés irritantes ou allergènes de ses composants ». Cela rend nécessaire une analyse plus critique du marketing des emballages. Une promesse d’hypoallergénicité, l’absence d’ammoniaque ou la mise en avant de certains extraits ne garantissent pas l’absence de risque d’allergie.

Les limites des mentions sur les emballages

La conformité aux réglementations ne suffit donc pas à éliminer le risque d’accident. Les substances mentionnées dans les cas recensés en France sont autorisées dans le cadre de la législation européenne. Le problème ne réside donc pas nécessairement dans un produit illégal ou frauduleux, mais dans la sensibilité individuelle, qui peut être connue ou non avant l’exposition.

Les ingrédients incriminés dans les tests allergologiques incluent, entre autres, la paraphénylènediamine, le toluène-2,5-diamine sulfate et les persulfates. Bien que ces noms n’aient pas de signification évidente pour le grand public, ils soulignent l’importance d’un étiquetage clair. Lorsqu’un produit contient ces composés, il doit avertir : « Peut provoquer des réactions allergiques sévères » et « Ne convient pas aux personnes de moins de 16 ans ».

Le document mentionne également des cas de mésusage. Quatre déclarations étaient liées à des instructions non suivies : par exemple, un temps de pose excessif dans un cas et trois utilisations inappropriées chez des mineurs. Cela sert de rappel en période où les tutoriels et l’usage domestique banalisent des gestes qui nécessitent une rigueur stricte.

La publication aborde aussi la fameuse « touche d’essai », longtemps vue comme un réflexe de prudence. Cette pratique n’est plus obligatoire depuis 2001, même si certains fabricants continuent à la recommander. Le Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs a exprimé des doutes concernant cette méthode, portant à son attention à la fois ses limites et le risque accru d’exposition au produit. Pour le consommateur, cela implique qu’un test préalable ne doit jamais être perçu comme une garantie infaillible.

Précautions essentielles avant et après une teinture

Le document de l’Anses fournit des recommandations claires. Il est conseillé de renoncer à la coloration en cas d’antécédent de réaction à une teinture capillaire, après une réaction à un tatouage temporaire noir au henné, ou si le cuir chevelu est irrité, sensible ou endommagé. Il est également crucial de suivre attentivement les instructions, le temps de pose et les restrictions d’âge.

En cas de réaction, l’approche appropriée dépend de sa gravité. En présence de difficultés respiratoires ou d’un œdème laryngé, il est impératif de composer le 15 ou de contacter un centre antipoison. Si une allergie est suspectée sans signe de détresse vitale, une consultation médicale et des tests allergologiques permettent d’identifier la substance en cause et d’éviter une nouvelle exposition. Enfin, le signalement des incidents contribue à la surveillance sanitaire et peut favoriser l’évolution des réglementations concernant certaines substances.

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